Stellantis Pro One, la branche utilitaires du groupe, affiche une croissance mondiale de 7 % au premier semestre 2026 : 28,7 % de part de marché en Europe, 33,9 % en Amérique du Sud, 22,3 % au Moyen-Orient et en Afrique. Sur le papier, un quasi sans-faute.
De bons résultats, comme souvent pour Stellantis Pro One. Mais l’Amérique du Nord, elle, ne plie toujours pas — le groupe y reste troisième, avec 14,1 % du marché. Et la transition électrique avance à un rythme bien plus mesuré que ne le suggère la communication du constructeur.
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Une domination européenne à nuancer
En Europe, Stellantis Pro One revendique 28,7 % de part de marché sur la zone dite « Europe 29 », avec 273 600 véhicules utilitaires écoulés entre janvier et juin 2026. Le groupe se targue d’être numéro un en France, en Italie, en Espagne, en Autriche, en Belgique-Luxembourg, en Pologne et au Portugal, et truste 47,4 % du segment des fourgons compacts ainsi qu’un gros quart (25,3 %) de celui des grands fourgons. Des chiffres solides, incontestablement — mais qui doivent aussi beaucoup à des marchés où la concurrence chinoise n’a pas encore vraiment percé sur le segment des utilitaires.
Sur l’électrique, le groupe communique sur une opération commerciale lancée en mars, alignant le prix des fourgons électriques sur celui des versions diesel. Résultat annoncé : 15 % des commandes de juin étaient électriques sur les principaux marchés européens, avec une hausse de 140 % en un an des commandes venant des petites et moyennes flottes. Le groupe en profite pour rappeler sa place de numéro un du fourgon électrique en Europe. C’est un signal encourageant, mais qui reste à confirmer dans la durée, tant les ventes d’utilitaires électriques dépendent encore d’incitations ponctuelles plutôt que d’une adoption spontanée.
Amérique du Sud : un règne sans partage
En Amérique du Sud, Stellantis conforte un leadership déjà ancien : 33,9 % de part de marché, en progression de 3,4 points sur un an. Le Brésil (52,7 %), l’Argentine (25,8 %) et l’Uruguay (36,9 %) tirent la performance vers le haut, portés notamment par l’increvable Fiat Strada, toujours véhicule le plus vendu de la région, toutes catégories confondues. Le lancement du Ram Dakota au Brésil vient élargir l’offre pick-up. Une réussite qui doit beaucoup à l’ancrage historique des marques sur ce continent, plus qu’à une vraie nouveauté produit.
Amérique du Nord : le continent qui résiste
Aux États-Unis et au Canada, le tableau est moins flatteur. Stellantis Pro One n’occupe que la troisième marche du marché nord-américain, avec 14,1 % de part de marché, malgré une progression de 2 points. Les ventes Ram progressent de 15 % aux États-Unis, le Ram 1500 bondit de 27 % et décroche au passage la première place de son segment dans l’étude 2026 de J.D. Power sur la fiabilité ; les pick-up lourds gagnent 9 %. Le Mexique, lui, reste acquis au groupe, qui y est numéro un avec 18,8 % du marché.
Des motifs de satisfaction réels, donc, mais qui ne dissipent pas les difficultés plus larges rencontrées ces dernières années sur ce marché, entre relance industrielle laborieuse et repositionnement de gammes. Face à des rivaux locaux solidement installés sur le segment roi du pick-up, la reconquête ne fait que commencer.
Moyen-Orient, Afrique : des sommets en trompe-l’œil ?
Au Moyen-Orient et en Afrique, la part de marché progresse à 22,3 % (+1,8 point), et même à 36 % sur le seul marché des fourgons. Certains pays frôlent l’hégémonie : 84,6 % de part de marché en Algérie, 48,3 % en Turquie, 45,8 % en Tunisie. Des chiffres flatteurs, mais qui concernent des marchés à la structure concurrentielle très différente de l’Europe, où quelques constructeurs seulement se disputent l’essentiel des ventes.
Les parts de marché de Stellantis Pro One, région par région
| Région | Part de marché S1 2026 | Évolution sur un an | Position |
|---|---|---|---|
| Europe (« Europe 29 ») | 28,7 % | n.c. | N°1 |
| Amérique du Sud | 33,9 % | +3,4 points | N°1 |
| Amérique du Nord | 14,1 % | +2 points | N°3 |
| Moyen-Orient / Afrique | 22,3 % | +1,8 point | 36 % du marché des fourgons |
Source : communiqué Stellantis Pro One du 23 juillet 2026.
Prochaine étape : Hanovre
Eric Laforge, à la tête de Stellantis Pro One, évoque déjà la suite : un nouveau « Smart Compact Van » pour l’Europe, déclinaison d’accès des fourgons compacts du groupe, le développement des capacités de personnalisation CustomFit, et un rendez-vous annoncé à l’IAA Transportation de Hanovre en septembre. C’est là que l’on verra si la machine européenne peut encore accélérer — et si le discours sur l’électrique se transforme en volumes durables.
FAQ
Quelle est la part de marché de Stellantis sur les utilitaires en Europe en 2026 ?
Stellantis Pro One détient 28,7 % du marché européen des véhicules utilitaires (zone « Europe 29 ») au premier semestre 2026, avec 273 600 véhicules vendus. Le groupe est numéro un en France, en Italie, en Espagne, en Autriche, en Belgique-Luxembourg, en Pologne et au Portugal.
Pourquoi l’Amérique du Nord résiste-t-elle à Stellantis ?
Le groupe n’y est que troisième, avec 14,1 % de part de marché au premier semestre 2026. Malgré la progression du Ram 1500 (+27 %), Stellantis reste distancé sur le segment clé du pick-up par des concurrents locaux très implantés, et sort de plusieurs années difficiles sur ce marché.
Quelles marques composent Stellantis Pro One ?
Stellantis Pro One regroupe les activités utilitaires de six marques : Citroën, Fiat Professional, Opel, Peugeot, Ram et Vauxhall, appuyées sur plus de 21 000 points de vente et de service dans le monde.
Qu’est-ce que le Smart Compact Van de Stellantis ?
C’est la nouvelle offre d’entrée de gamme des fourgons compacts du groupe, déclinée en Citroën Berlingo Van First, Peugeot Partner Active, Opel Combo Cargo Start et Fiat Doblò EasyPro. Son lancement européen est annoncé comme imminent.
Les utilitaires électriques Stellantis se vendent-ils bien ?
En juin 2026, 15 % des commandes d’utilitaires Stellantis sur les principaux marchés européens étaient électriques, et les commandes des petites et moyennes flottes ont bondi de 140 % en un an. Des chiffres dopés par l’opération alignant le prix des électriques sur celui des diesels, lancée en mars 2026.




