Accueil / Avis des pros / Renault Master d’occasion : la seconde vie d’un châssis en camion pour chevaux

Renault Master d’occasion : la seconde vie d’un châssis en camion pour chevaux

Depuis 1959, un garage des Yvelines s’est fait une spécialité peu commune : construire des camions de transport de chevaux à partir de châssis ayant déjà connu une première vie. Un exercice exigeant, où il faut transporter lourd en toute sécurité et garantir une fiabilité sans faille, aussi bien sur le plan mécanique que structurel. Nous avons échangé avec Caroline M. pour comprendre sur quelles bases utilitaires reposent ces réalisations singulières.

Comment sont choisis les châssis qui serviront de base ?

Le châssis, lui, est toujours acheté d’occasion, au gré des opportunités proposées par les partenaires du garage sur ce segment. La partie chevaux, en revanche, est entièrement carrossée à neuf par l’atelier. C’est précisément ce que recherche la clientèle : venue pour un besoin très spécifique, le transport d’équidés, elle pense d’abord au bien-être des animaux, puis au confort du poste de conduite. Un particulier parcourt en moyenne 10 000 km par an avec son camion.

La suite de votre contenu après cette annonce

Le cahier des charges est donc précis : le châssis retenu doit avoir entre cinq et dix ans, et afficher moins de 100 000 km au compteur, impérativement.

Côté motorisation, 150 ch représente l’idéal ; 135 ch peuvent convenir, car ces véhicules disposent malgré tout d’un bon couple.

« On ne cherche pas à aller vite, mais on a tout de même un peu de reprise, ce qui est nécessaire. » Le contraste avec le passé est parlant : « Il y a une vingtaine d’années, on était sur du 75 ch ! » Les besoins ont suivi l’évolution des motorisations et des équipements des utilitaires modernes, au bénéfice de la sécurité.

Ces critères garantissent un camion durable, pour des clients qui ont besoin d’un minimum de puissance — pour tracter un van, une remorque ou une caravane — et d’une fiabilité sans compromis dès lors qu’il s’agit de transporter des animaux.

Quelles marques ont la faveur des clients ?

Renault arrive largement en tête. « C’est une marque française, et les clients y sont sensibles. C’est assez fiable, nous avons de bons retours. » Ces modèles sont aussi jugés plus agréables et plus esthétiques.

Selon la demande, le garage a également travaillé sur des bases Fiat Ducato, Citroën Jumper ou Peugeot Boxer, un peu plus compétitives côté prix.

Quant au MAN TGE, il n’équipe pour l’instant que les véhicules neufs : encore récent comme modèle, il reste difficile à trouver d’occasion.

Quels autres critères assurent une fiabilité durable ?

La boîte automatique, bien que confortable, séduit peu sur le Renault Master : la boîte robotisée proposée jusqu’alors se révèle peu adaptée à la charge transportée et n’inspire pas assez confiance aux clients. Pour l’automatique, le choix se reporte donc sur MAN, qui offre en prime une finition plus haut de gamme — notamment une meilleure insonorisation de la cabine, appréciable pour la conduite comme pour les conversations téléphoniques.

« Les clients veulent surtout qu’il n’y ait pas trop de problèmes mécaniques. » La confiance dans le châssis et dans l’ensemble du camion reste le critère primordial, comme pour tout achat de véhicule.

Quels sont les risques à carrosser de l’occasion ?

Carrosser de l’occasion reste rare dans le métier. « C’est un peu de la découverte : on achète un fourgon que l’on va découper, puis on pose la partie chevaux. Quand on travaille nous-mêmes, si on voit qu’il y a des frais en plus, des choses à refaire, des renforts à revoir, on peut le gérer à l’atelier. Ce sont des véhicules qui ont eu une vie avant, et de temps en temps, on a des surprises. »

L’expérience fait la différence : certains techniciens sont là depuis vingt-huit ans et connaissent ces camions par cœur, de A à Z. Lors des grosses années, l’atelier pouvait produire jusqu’à 50 camions, avec l’appui d’un second pôle dans le Puy-de-Dôme. Aujourd’hui, l’équipe réunit cinq personnes dans les bureaux, quatre carrossiers et un mécanicien.

Quels sont les prix moyens ?

Les véhicules neufs étant standardisés, leur tarif est facile à annoncer — l’exercice est plus délicat sur les bases d’occasion, pour les raisons évoquées. Comptez à partir de 80 000 € TTC pour un camion neuf, contre environ 45 000 € pour un modèle d’occasion. De quoi ouvrir l’accès à des budgets plus serrés, ou à des usages moins intensifs.

Autre atout de l’occasion : l’atelier étant sur place, le garage s’adapte aux demandes de personnalisation. La clientèle est variée — des cavaliers qui rejoignent leurs concours d’équitation comme de simples amateurs partant en balade de temps à autre.

Comment tout a commencé ?

L’histoire débute avec un garage de poids lourds, fondé par la première génération, avant de devenir une concession Citroën. La deuxième génération s’oriente vers l’utilitaire — dépanneuses et bennes — et c’est en 1991 que sort de l’atelier le premier camion de transport de chevaux, un Citroën C35 (qui roulait encore il y a peu !). Le cœur de métier restant la carrosserie, cette réalisation a ouvert la voie à une nouvelle spécialité : les constructions dédiées au transport des équidés.

Aujourd’hui, les véhicules neufs sont carrossés chez AP Petit, en Hongrie, tandis que les modèles d’occasion sont transformés sous la marque ACR, directement à l’atelier.

« Il y a vingt ans, il n’y avait pas de référencement sur internet : tout se faisait par le bouche-à-oreille. » C’est ainsi que les commandes trouvaient le chemin du garage.

On le voit, la fiabilité des utilitaires leur ouvre parfois une seconde carrière, même après une dizaine d’années au service d’un premier professionnel. Une longévité qui fait vivre des filières spécialisées, à l’image de ce garage des Yvelines, devenu au fil des années une véritable référence du camion pour chevaux.

FAQ

Quel budget prévoir pour un camion pour chevaux ?

Comptez à partir de 80 000 € TTC pour un camion neuf, et environ 45 000 € pour un modèle carrossé sur un châssis d’occasion.

Quel kilométrage maximum pour un châssis d’occasion ?

Le garage retient des châssis de cinq à dix ans affichant moins de 100 000 km au compteur, gage de fiabilité pour le transport d’animaux.

Quelle motorisation choisir ?

150 ch constitue l’idéal ; 135 ch peuvent suffire grâce au couple disponible. L’essentiel reste la reprise, pas la vitesse.

Boîte manuelle ou automatique ?

Sur le Renault Master, la boîte robotisée convainc peu. Pour une automatique, MAN reste la référence, avec une finition et une insonorisation supérieures.

Quelle marque privilégier ?

Renault domine la demande pour sa fiabilité et son ancrage français. Fiat Ducato, Citroën Jumper et Peugeot Boxer offrent des bases plus abordables.

Retour en haut