Il faut généralement se méfier des chiffres qui rassurent trop vite. Sur le papier, les véhicules légers dans leur ensemble progressent de 8,4 % en juin, portés par un segment du VP plutôt en forme (+11,4 %). Mais ce résultat cache mal un décrochage net du côté des utilitaires : 35 551 unités écoulées contre 37 382 un an plus tôt, soit -4,9 %, et jusqu’à -13,5 % une fois neutralisé l’effet du nombre de jours ouvrés, moins favorable cette année.
Les véhicules industriels de plus de 5,1 tonnes, eux, affichent +12,3 %, mais ce chiffre est à prendre avec des pincettes : il ne représente que 4 619 immatriculations, un volume suffisamment faible pour que la moindre variation ponctuelle fasse bondir le pourcentage. Le marché professionnel, dans son ensemble, ne dégage donc pas franchement de signal de reprise.
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Renault tire son épingle du jeu, Stellantis s’enfonce
Chez les constructeurs, tout le monde n’a pas été logé à la même enseigne en juin 2026. Le groupe Renault progresse de 6,1 % sur les utilitaires légers, porté par la marque Renault elle-même (+6,5 %), et grimpe à 31,7 % de pénétration. Stellantis, à l’inverse, recule de 13,2 % sur le mois, avec des replis marqués chez Citroën (-20 %), Opel (-16,3 %) et Peugeot (-9,6 %) ; seul Fiat limite la casse avec un repli plus modéré. Le groupe reste certes leader avec 34,5 % du marché, mais l’écart avec Renault se resserre dangereusement.
Fort heureusement pour lui, le groupe Stellantis pourra compter d’ici la fin de l’année sur sa nouvelle gamme de Smart Compact Van présenté il y a quelques jours avec des Citroën Berlingo, Peugeot Partner, Opel Combo et Fiat Scudo moins chers. De quoi sans doute attirer de nouveaux clients à la recherche notamment d’un prix et pas d’un VU avec du superflu.
Côté modèles, le trio de tête reste sans surprise made in France : le Renault Trafic conserve la première place sur 6 mois avec 15 299 unités (8,4 % de parts), suivi du Kangoo III (14 696) et du Master IV (12 053). Le Peugeot Expert et le Partner complètent le top 5, devançant de peu le Fiat Ducato et le Ford Transit Custom. Une hiérarchie qui bouge peu d’une année sur l’autre, signe que ce marché reste avant tout affaire de flottes et de fidélité client plutôt que de coups de cœur.
Un semestre qui confirme la prudence des professionnels
Sur les 6 premiers mois de l’année, le constat est similaire à celui de juin : 181 853 utilitaires légers immatriculés, contre 185 446 un an plus tôt, soit -1,9 %. Stellantis recule de 8 % sur la période et voit sa pénétration passer sous la barre des 38 %, quand Renault continue de grappiller du terrain (+6,9 %). Du côté des poids lourds, Renault Trucks perd 4 % de volumes quand le reste du marché reste quasiment stable (+0,1 %), pour un total sectoriel en repli de 1,1 %.
Difficile, dans ce contexte, de parler de franche reprise du marché professionnel français. Les entreprises et artisans semblent temporiser leurs investissements en flotte, entre incertitudes économiques et attentisme sur les motorisations à privilégier. Un signal à surveiller pour la seconde partie de l’année, alors que les échéances réglementaires sur les émissions continuent de peser sur les arbitrages des constructeurs comme des gestionnaires de flottes.




