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Pourquoi les pros boudent les utilitaires neufs et se ruent sur l’occasion ?

Le marché de l’utilitaire français tourne au ralenti côté neuf et s’emballe côté occasion. Avec un ratio de 2,5 pour 1 en faveur de la seconde main, près de 900 000 transactions et un parc qui vieillit à vue d’œil, les professionnels envoient un signal clair : prudence sur l’investissement, méfiance sur l’électrique, et fidélité au diesel. Décryptage d’un marché à deux vitesses.

Près de 900 000 utilitaires d’occasion vendus en France l’an dernier, c’est indéniablement un beau volume. La progression avoisine les 5 % par rapport à 2024, et il faut remonter à 2021 pour trouver des résultats comparables. Sur le papier, le secteur semble en forme. Sauf qu’en face, le marché du neuf raconte une tout autre histoire : à peine 360 000 véhicules écoulés, soit un recul de près de 6 % en un an. Le ratio entre occasion et neuf atteint désormais 2,5 pour 1.

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Pourquoi les professionnels délaissent-ils les showrooms ? Les raisons sont assez classiques, mais pas moins réelles pour autant : des prix du neuf qui ont fortement augmenté ces dernières années, des incertitudes réglementaires qui brouillent les décisions d’investissement, et des nouvelles motorisations (l’électrique en tête) qui suscitent encore beaucoup de méfiance. Face à tout ça, l’utilitaire d’occasion bien connu, au coût d’entretien prévisible, reste une valeur refuge. Et dans un secteur où le pragmatisme est prioritaire face à l’émotionnel, contrairement aux VP, forcément, l’impact n’est pas le même.

Le diesel, indéboulonnable sur le marché de l’occasion

L’analyse par motorisation ne réserve aucune surprise, et c’est peut-être ça qui interpelle. Le diesel représente 94 % des transactions en occasion. L’essence grappille 4 % du marché. L’électrique ? Il pèse à peine 1,1 %, malgré une progression de 33 % en volume, soit environ 10 000 véhicules. La croissance est bien là, mais le point de départ est tellement bas qu’elle reste anecdotique.

Ce démarrage laborieux de l’électrique en occasion s’explique en partie mécaniquement : il faut bien que des véhicules neufs aient été vendus avant d’alimenter le marché de la seconde main. Les premiers retours de longue durée, à savoir généralement entre 3 et 5 ans, devraient progressivement faire gonfler l’offre. Mais pour l’instant, sur un parc dont l’âge moyen continue d’augmenter, le gazole reste la norme absolue, et rien ne laisse présager un basculement rapide.

Pourquoi le parc utilitaire vieillit-il aussi vite ?

Le vrai enseignement de ces chiffres, c’est peut-être le vieillissement du parc en circulation. Les utilitaires âgés de moins de 4 ans voient leurs ventes reculer, parfois de près de 10 %. À l’inverse, ceux qui ont entre 6 et 8 ans progressent de près de 15 %. Et les véhicules de plus de 8 ans représentent à eux seuls plus de la moitié des transactions, soit environ 480 000 unités.

Et ce n’est pas un hasard. Un utilitaire qui a déjà bien roulé a souvent l’avantage d’être amorti, de ne plus présenter les défauts de jeunesse, et d’afficher un prix d’achat contenu. Pour un artisan ou une PME qui cherche à maîtriser ses coûts, le calcul est vite fait. Du côté des marques, Renault domine largement avec près de 28 % de parts de marché et un podium entièrement occupé par ses Kangoo, Trafic et Master. Peugeot et Citroën suivent, tandis qu’Opel tire son épingle du jeu avec une belle progression.

Ce marché de l’occasion en forme dit finalement beaucoup sur l’état de santé réel du secteur : les professionnels s’adaptent, font avec ce qu’ils ont, et repoussent les décisions d’investissement. Pas vraiment une dynamique de confiance, mais elle est globalement similaire à celle que nous retrouvons dans l’univers du VP.

FAQ

Pourquoi les pros achètent-ils davantage d’utilitaires d’occasion que de neufs en 2025 ?

Les professionnels privilégient l’occasion en raison de la forte hausse des prix du neuf, des incertitudes réglementaires (ZFE, malus, normes CO2) et de la méfiance envers l’électrique. L’utilitaire d’occasion reste une valeur refuge avec un coût d’entretien maîtrisé et un prix d’achat contenu.

Quel est le volume du marché de l’utilitaire d’occasion en France ?

Près de 900 000 utilitaires d’occasion ont été vendus en France en 2025, en progression d’environ 5 % par rapport à 2024. Dans le même temps, le marché du neuf recule de près de 6 % à 360 000 immatriculations, soit un ratio de 2,5 pour 1 en faveur de la seconde main.

Quelle part représente le diesel sur le marché de l’utilitaire d’occasion ?

Le diesel concentre 94 % des transactions en utilitaire d’occasion. L’essence capte 4 %, tandis que l’électrique plafonne à 1,1 % des ventes malgré une progression de 33 % en volume, soit environ 10 000 véhicules sur l’année.

Pourquoi les utilitaires électriques peinent-ils à percer sur le marché de l’occasion ?

L’offre de VUL électriques en occasion reste mécaniquement limitée : il faut attendre que les véhicules neufs arrivent au terme de leur première vie (3 à 5 ans) pour alimenter le marché. Les premières restitutions de longue durée devraient progressivement étoffer l’offre dans les prochains mois.

Quels sont les utilitaires d’occasion les plus vendus en France ?

Renault domine largement avec près de 28 % de parts de marché. Le podium est entièrement occupé par la marque au losange avec le Kangoo, le Trafic et le Master. Peugeot et Citroën suivent, tandis qu’Opel progresse nettement.

Les utilitaires de plus de 8 ans se vendent-ils bien en occasion ?

Oui, et c’est même la tendance la plus forte du marché. Les véhicules de plus de 8 ans représentent plus de la moitié des transactions, soit environ 480 000 unités. À l’inverse, les utilitaires de moins de 4 ans voient leurs ventes reculer de près de 10 %.

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