Longtemps épargnés par les obligations des poids lourds, les conducteurs de véhicules utilitaires légers vont devoir se mettre à niveau d’ici juillet 2026. Une échéance qui concerne un nombre important de flottes, et dont il vaut mieux ne pas attendre la dernière minute.
Le tachygraphe a longtemps été perçu comme une contrainte réservée aux camions et semi-remorques. C’est de moins en moins vrai. Après avoir rendu obligatoire le tachygraphe intelligent de deuxième génération (dit G2V2) pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en août 2025, l’Europe abaisse le seuil et impose désormais la même mise à niveau pour les véhicules utilitaires légers.
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Concrètement, à partir de juillet 2026, tout VUL d’un PTAC supérieur à 2,5 tonnes utilisé dans le cadre d’opérations transfrontalières ou de cabotage devra être équipé d’un tachygraphe intelligent V2 certifié. La règle s’applique sans distinction de motorisation : thermique, hybride ou électrique, tout le monde est logé à la même enseigne.
L’idée derrière cette extension est assez cohérente sur le papier : harmoniser les règles du jeu entre catégories de véhicules pour éviter que les VUL ne deviennent une sorte d’angle mort réglementaire. Mais comme souvent, sur le terrain, c’est une autre histoire.
Ce que ça change pour les conducteurs et les gestionnaires de flotte
Le premier changement touche à la conservation des données. Lors d’un contrôle routier, les conducteurs de VUL concernés doivent désormais être en mesure de présenter 56 jours d’enregistrements tachygraphe, contre 28 jours auparavant. Un doublement qui suppose une organisation rigoureuse, notamment pour les petites structures qui n’ont pas encore de processus formalisés de gestion des données conducteur.
Le deuxième point, plus immédiat, concerne les risques en cas de non-conformité. Les sanctions prévues sont loin d’être anodines : les amendes peuvent aller de 2 500 à 13 000 euros selon le pays où le contrôle est effectué, et les véhicules jugés non conformes peuvent être immobilisés sur place, avec rétention des documents à la clé. Inutile de vous dire que pour une petite entreprise dont l’activité repose sur un ou deux véhicules, ce type de situation peut rapidement devenir critique.
Ce n’est pas un excès de prudence que de signaler que les installateurs certifiés sont en nombre limité, et que leur carnet de commandes va vraisemblablement se remplir rapidement à mesure que l’échéance approche. Les retardataires risquent de se retrouver dans l’impossibilité de faire installer l’équipement à temps, même en le souhaitant.
Anticiper plutôt que subir
La logique est simple, même si elle n’est pas toujours bien anticipée dans les PME et les artisans : mieux vaut planifier l’installation du tachygraphe V2 maintenant que de se retrouver à courir après un créneau en juin 2026.
Des prestataires proposent déjà des offres clé en main combinant installation certifiée et formation des conducteurs au nouvel équipement. C’est une piste pour les structures qui ne disposent pas de compétences techniques en interne, à condition de comparer les offres et de ne pas se laisser emporter par des argumentaires commerciaux trop enthousiastes.
Même si cette réglementation ne révolutionne rien de fondamental, elle étend à une catégorie de véhicules des obligations qui existent depuis longtemps pour les camions. Mais pour les entreprises qui n’ont jamais eu à gérer de tachygraphe, il va falloir s’adapter, et pas forcément au dernier moment.




