Il faut bien admettre que la gamme utilitaire de Stellantis accuse un certain âge, même si les modèles continuent de bien se vendre, notamment en France, où le groupe était leader en 2025 avec une part de marché de 38,2 %. Stellantis l’a visiblement acté : d’ici 2030, 11 nouveaux modèles sont annoncés sous la bannière Pro One, la division dédiée aux véhicules commerciaux.
Au cœur du dispositif, deux nouvelles architectures multi-énergie pour les fourgons de segment moyen et grand, toutes deux bâties sur la base de la plateforme STLA Brain. L’idée est de proposer un socle commun compatible avec les motorisations électriques, hybrides et thermiques, sans abandonner ces dernières. On peut noter un certain réalisme commercial face à des marchés encore hésitants sur l’électrification.
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Ces nouvelles bases promettent davantage de capacité de chargement et une meilleure adaptabilité aux aménagements professionnels, un point ô combien important pour les carrossiers et transformateurs. Stellantis cite d’ailleurs son programme CustomFit, qui implique plus de 550 partenaires spécialisés.
Du côté des pick-ups, le groupe joue sur plusieurs tableaux géographiques : poursuite du renouvellement du Fiat Strada et du Fiat Toro en Amérique du Sud, arrivée du Ram Rampage en Amérique du Nord, et évolutions électrifiées avec prolongateur d’autonomie pour les pick-ups de chez Ram.
Pro One NEXT : quand le fourgon devient un abonnement
La vraie nouveauté de cette présentation n’est peut-être pas tant le produit que ce qui l’entoure. Stellantis mise beaucoup sur ce qu’il appelle l’écosystème Pro One NEXT : une plateforme digitale qui agrège connectivité, surveillance à distance, mises à jour logicielles, assurances, location et gestion énergétique. En clair, le véhicule utilitaire devient le point d’entrée d’une offre de services élargie.
Des « Command Centers » sont déjà en phase pilote en Europe, censés permettre une surveillance en temps réel des flottes et une intervention préventive avant les pannes. L’objectif est de réduire les immobilisations, un argument qui parle directement aux gestionnaires de flotte, pour qui chaque jour d’arrêt se traduit en perte sèche.
Ce modèle n’est pas vraiment nouveau : il suit une tendance de fond dans l’industrie, où constructeurs et équipementiers cherchent à générer des revenus récurrents au-delà de la vente initiale du véhicule. Ce qui reste à démontrer, c’est la fiabilité et la valeur réelle de ces services dans le quotidien des professionnels.
« Box on Wheels » : un concept prometteur
Le clou du spectacle arrivera au mois de septembre et à l’IAA Transportation de Hanovre, où Stellantis Pro One dévoilera son prototype « Box on Wheels ». Il s’agit d’un véhicule autonome à zéro émission conçu pour la livraison du dernier kilomètre, intégré à l’écosystème digital de la division.
Sur le principe, l’idée est intéressante : la logistique urbaine cherche effectivement des solutions plus automatisées face à la densification des livraisons et aux restrictions de circulation. Mais un concept reste un concept. Les questions sur la réglementation de la conduite autonome en milieu urbain, sur les coûts d’exploitation ou encore sur l’acceptabilité sociale de ces véhicules dans l’espace public ne trouveront pas de réponse à Hanovre.
En 2025, Stellantis Pro One a écoulé environ 1,65 million de véhicules commerciaux dans le monde. Un socle solide, mais un marché en pleine transformation, où la concurrence (notamment asiatique) s’intensifie.




