Mercedes-Benz Vans a présenté le 12 août 2026 le Vito Sport-X, une finition haute réservée au seul marché britannique, facturée à partir de 56 995 £ HT et livrable en septembre. Sous les jantes 19 pouces et les surpiqûres orange, la mécanique ne bouge pas d’un millimètre : c’est le 2.0 diesel de 190 ch et sa boîte 9G-Tronic, déjà au catalogue français sous le nom de 119 CDI. Aucune version équivalente n’est prévue en France.
Ce que Mercedes a touché, et surtout ce qu’il n’a pas touché
La liste des retouches esthétiques est longue et sérieusement exécutée. Bouclier avant redessiné avec splitter intégré, calandre nid d’abeille, becquet de hayon couleur caisse, jupes latérales, barres de toit, coques de rétroviseurs et poignées en noir brillant, bandes décoratives sur le capot et les flancs, badges Sport-X, jantes 19 pouces diamantées noires à cinq doubles branches. La teinte Alpine Grey vient de série, mais Mercedes offre le blanc Arctic et six métallisées sans supplément — Sodalite Blue, Obsidian Black, Kalahari Gold, High Tech Silver, Graphite Grey et Hyacinth Red. A noter que le Vito X-Sport a été réalisé par Mercedes-Benz UK via un aménageur local en raison de normes d’homologation propres au Royaume-Uni, permettant des jantes de 19 pouces et des parechocs spécifiques.
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À bord, la banquette avant trois places des finitions PRO et SELECT disparaît au profit de deux sièges baquets individuels, appuis-tête intégrés, logo Sport-X débossé dans le dossier. Cuir écologique noir, suédine gris foncé, surpiqûres orange, tapis brandés à l’avant comme à l’arrière. Sièges et volant chauffants, recharge à induction, console centrale avec rangement : de l’équipement que beaucoup d’artisans français paieraient en option sur un fourgon d’entrée de gamme.

Puis on ouvre le capot, et l’histoire s’arrête là. Pas de retouche moteur, pas de rabaissement, pas de reprise de direction, pas d’amortisseurs spécifiques. La presse britannique l’a relevé sans ménagement dès la publication du communiqué. Le Sport-X est un habillage, assumé comme tel.
190 ch et neuf rapports : la mécanique existe déjà chez nous
Le bloc retenu est le 2.0 quatre cylindres diesel de 190 ch, avec 440 Nm disponibles dès 1 350 tr/min, associé de série à la transmission automatique 9G-Tronic. Mercedes annonce 10 secondes pour abattre le 0 à 100 km/h, une consommation mixte allant jusqu’à 38,7 mpg britanniques — soit environ 7,3 l/100 km — et 192 à 193 g de CO2 au kilomètre.
Le constructeur qualifie cette puissance de référence du segment. La revendication tient debout : un Ford Transit Custom plafonne à 170 ch en diesel, un Volkswagen Transporter TDI également. Mais il faut la lire pour ce qu’elle est, une formule de communication, et rappeler que ce moteur n’a rien d’inédit. En France, il figure au catalogue depuis longtemps sous l’appellation 119 CDI, aux côtés du 114 CDI de 136 ch et du 116 CDI de 163 ch, sur un Vito fourgon diesel qui a été restylé en 2024 et attend toujours son successeur. Un client français qui veut ces 190 ch les obtient dès aujourd’hui. Il n’obtient simplement pas les jantes.
Cinq places, une banquette amovible, et une charge utile à lire de près
Le Sport-X ne se décline que sur le Vito Crew van, l’équivalent britannique de notre Mixto : cabine approfondie, cinq places, cloison reculée. Deux longueurs seulement, L2 et L3 — comprendre l’empattement intermédiaire et l’empattement long, sur une gamme qui compte aussi une version courte non retenue ici. Si les appellations L1, L2 et L3 vous laissent hésitant d’un constructeur à l’autre, c’est normal : chacun y met sa propre grille.
Les chiffres méritent qu’on s’y arrête, parce que le communiqué met en avant les plus flatteurs. La charge utile grimpe à 733 kg, mais seulement en L3 : le L2 se contente de 556 kg. Le volume suit la même logique, 3,6 m³ en L2 contre 4,1 m³ en L3. Le remorquage est annoncé « jusqu’à 2 500 kg » dans le corps du texte, alors que l’annexe technique précise 2 000 kg de série, les 2 500 kg restant une option.
Surtout, ces valeurs sont celles d’un véhicule à cinq places. Le Vito fourgon tôlé, lui, affiche 885, 857 et 830 kg selon les longueurs. Une seconde rangée de sièges et sa structure coûtent facilement 150 à 250 kg de charge utile, un arbitrage que tout professionnel doit poser avant de signer, carte grise en main plutôt que brochure. La banquette arrière est amovible, ce qui restitue du volume au coup par coup, mais ne change évidemment rien au PTAC.

56 995 £ HT : combien ça ferait, vu de France
Au taux relevé fin juillet 2026, ces 56 995 £ hors taxes représentent environ 66 650 € HT. Le chiffre est indicatif et rien de plus : il ignore la fiscalité française, l’homologation et la politique tarifaire locale, trois variables qui déplacent régulièrement un tarif de plusieurs milliers d’euros.
Pour donner une échelle, la dernière grille publique française consultable plaçait le Vito 119 CDI Long en finition Select avec la 9G-Tronic autour de 50 695 € HT. L’écart approche donc les 16 000 €, avec une réserve de taille : ce repère porte sur un fourgon tôlé, quand le Sport-X est un crew van cinq places déjà mieux doté au départ. La comparaison donne un ordre de grandeur, pas le prix d’un pack esthétique.
Le paquet britannique inclut en revanche des services que le marché français ne propose pas dans les mêmes termes : trois ans de garantie constructeur là où Mercedes-Benz France s’en tient à deux ans kilométrage illimité, l’assistance MobiloVan reconductible de révision en révision jusqu’à trente ans après la première immatriculation, et le suivi Uptime. Sur un véhicule d’exploitation, cette colonne-là pèse parfois davantage que les jantes.

Pourquoi les Britanniques, et pourquoi pas nous
Le Royaume-Uni entretient depuis vingt ans un rapport particulier au fourgon personnalisé. Le van y sert d’outil et de vitrine, l’artisan y roule dans un véhicule qui affiche son métier, et l’offre s’est structurée autour de cette demande : Volkswagen y vend son Transporter Sportline depuis des générations, Ford y a fait de MS-RT une signature, Vauxhall y décline un Vivaro GS. Une finition maison sur un Vito en fin de carrière y trouve son public sans effort commercial particulier.
Le calendrier n’est pas neutre non plus. Le Vito actuel, restylé en 2024, arrive au bout de sa route : ses remplaçants sur les nouvelles architectures Mercedes sont attendus autour de 2027, et le VLE dévoilé en mars dernier est un transport de personnes, pas un successeur du fourgon. Une série d’habillage sur une base amortie, sur un seul marché réceptif, pour marquer les 130 ans de l’utilitaire Mercedes : l’opération se comprend sans avoir besoin d’un plan produit.
C’est exactement la partition que MAN joue avec son TGE et ses 190 ch sur un modèle du même âge. Habiller ce qu’on ne remplacera pas tout de suite est devenu un réflexe de fin de cycle.
En France, le fourgon habillé existe déjà, ailleurs
Le professionnel français qui cherche un utilitaire intermédiaire à forte personnalité n’est pas démuni. Le Ford Transit Custom MS-RT, développé avec la structure issue du rallye liée à M-Sport, se commande dans le réseau Ford avec son 2.0 EcoBlue de 185 ch, sa boîte automatique, sa sellerie cuir Nappa et suédine, et sans perte de capacité de chargement. Volkswagen a de son côté dévoilé en février 2026 une finition Sportline sur le nouveau Transporter, annoncée pour la France : diesel TDI jusqu’à 170 ch, suspension abaissée de 29 mm, jantes 19 pouces, projecteurs matriciels, surpiqûres rouges. Les 73 000 € qui circulent restent une estimation de la presse spécialisée, pas un tarif officiel.
Reste que ces véhicules soulèvent la même question qu’un Sport-X. Un fourgon reste jugé sur son coût d’exploitation, sa disponibilité et sa valeur de revente, trois critères où le classement de fiabilité compte davantage que la couleur des surpiqûres. Les professionnels que nous interrogeons le formulent invariablement de la même façon : le Vito plaît d’abord pour son comportement routier et sa finition de cabine, pas pour ses accessoires. Et pour ceux dont la vraie contrainte de 2026 s’appelle ZFE, la question ne se pose même pas dans ces termes : elle se règle du côté de l’eVito et de son autonomie réelle.
Le Sport-X, lui, restera une curiosité observée depuis le continent. Une belle curiosité, cela dit.

FAQ
Le Mercedes Vito Sport-X sera-t-il vendu en France ?
Non. Mercedes-Benz Vans présente le Sport-X comme une finition exclusive au Royaume-Uni. Aucune version équivalente n’est annoncée pour la France ni pour un autre marché européen à la date du 14 août 2026.
Quel est le prix du Vito Sport-X ?
À partir de 56 995 £ hors TVA, soit environ 66 650 € HT au taux de change de fin juillet 2026. Les commandes ouvrent en septembre 2026 au Royaume-Uni.
Quelle motorisation équipe le Vito Sport-X ?
Le 2.0 quatre cylindres diesel de 190 ch et 440 Nm, associé à la boîte automatique 9G-Tronic à neuf rapports. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 10 secondes, la consommation mixte autour de 7,3 l/100 km et les émissions à 192-193 g de CO2/km. C’est le moteur vendu en France sous l’appellation 119 CDI.
Quelle est la charge utile du Vito Sport-X ?
556 kg en longueur L2 et 733 kg en L3, pour des volumes utiles respectifs de 3,6 et 4,1 m³. Ces valeurs sont celles d’une version cinq places : un Vito fourgon tôlé équivalent transporte entre 830 et 885 kg.
Le Sport-X apporte-t-il des modifications mécaniques ?
Non. Châssis, suspensions, direction et moteur sont repris sans changement de la finition SELECT. Les évolutions portent uniquement sur le style extérieur, la sellerie et l’équipement de série.
Quel utilitaire sportif peut-on acheter en France à la place ?
Le Ford Transit Custom MS-RT, développé avec M-Sport et distribué par le réseau Ford, et le Volkswagen Transporter Sportline dévoilé en février 2026 et annoncé pour le marché français. Les deux conservent les capacités de chargement de leurs versions standard.




