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Un van électrique qui se recharge au soleil : le pari d’un aménageur français

Dans son atelier près de Grenoble, Xavier Meyer planche depuis quatre ans sur une idée tenace : un van électrique capable de se passer des bornes de recharge. Le fondateur de Vanroad Évasion, qui aménage des vans sur mesure avec une équipe d’une dizaine de personnes, a transformé un Toyota Proace électrique en van solaire.

La promesse est séduisante pour qui rêve de liberté totale en vanlife. Elle s’accompagne aussi d’une condition de taille, celle du slow travel. On regarde ce que le concept tient vraiment, et pour quel type de voyageur.

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L’idée : faire du van sa propre borne

Le point de départ est un Proace électrique et sa batterie de 75 kWh, donnée pour 330 km mais que le fondateur ramène plutôt à 250 km en conditions réelles. Insuffisant à ses yeux, car une fois la batterie à plat, retour obligatoire à la borne et fin de l’autonomie.

Sa réponse tient en deux ajouts. D’abord une seconde batterie de 10 kWh, qu’il présente comme un prolongateur d’autonomie maison apportant une trentaine de kilomètres supplémentaires. À la différence d’un prolongateur thermique, elle ne produit pas d’énergie, elle en stocke davantage, et doit donc elle aussi être rechargée. Ensuite cinq panneaux solaires fixés sur le toit, qui se déploient à l’arrêt et donnent au van sa propre source de recharge. Une fois ouverts, ils lui donnent une drôle d’allure d’hélicoptère.

La condition qui change tout : 80 km par jour

C’est là que l’enthousiasme demande un peu de réalisme. Les panneaux ne sont efficaces que dépliés, à l’arrêt, et par beau temps. Selon l’inventeur, le van peut devenir totalement autonome à une seule condition : ne pas dépasser 80 km de trajet par jour.

Autrement dit, ce n’est pas un véhicule pour avaler des autoroutes. C’est un van pensé pour le slow travel, ce mode de voyage où l’on roule peu, où l’on se pose plusieurs jours et où l’on laisse le soleil refaire le plein pendant les pauses. Sur ce créneau, l’idée a du sens. Pour qui veut faire 400 km dans la journée, elle ne tient pas.

Tout électrique à bord

La logique va jusqu’au bout : les équipements de vie fonctionnent eux aussi à l’électricité, des plaques à induction au chauffage. Cohérent avec le pari du zéro carburant, mais cela pèse sur le bilan énergétique, le chauffage en particulier étant l’un des plus gros postes de consommation à bord d’un van.

C’est d’ailleurs ce que le fondateur compte neutraliser pour son essai grandeur nature.

Le test ultime : rallier le Maroc sans borne

Pour valider son concept, Xavier Meyer prévoit de rejoindre le Maroc avec son van en évitant au maximum toute borne de recharge, et en se passant du chauffage pour économiser de l’énergie. L’objectif est autant la performance que la collecte de données : un long trajet réel pour mesurer ce que le système encaisse vraiment, loin des conditions idéales d’un parking ensoleillé.

C’est le genre de test qui dira si la promesse résiste à la route, ou si elle reste cantonnée aux étapes courtes et bien exposées.

Bientôt à vendre, mais à quel prix ?

Le projet n’en est plus tout à fait au stade du prototype. Le fondateur envisage une commercialisation dès la fin de l’année, sous deux formes : la vente de vans électriques neufs déjà aménagés, ou l’aménagement du véhicule du client.

Le prix, lui, n’est pas encore arrêté. Xavier Meyer avance une rentabilité possible en six ans, grâce à l’absence de dépense en carburant comme en électricité. C’est son estimation, à prendre avec prudence tant qu’aucun tarif n’est connu : un amortissement sur six ans dépend directement du prix de départ et du kilométrage réellement parcouru.

Pour qui ce van a-t-il du sens ?

Le concept parle d’abord aux adeptes du voyage lent, à ceux qui aiment se poser dans un coin de nature plusieurs jours et bouger par petites étapes. Pour ce profil, l’indépendance vis-à-vis des bornes est un vrai confort, et le bilan a de quoi séduire.

Il convient beaucoup moins à un usage itinérant rapide, aux longues liaisons quotidiennes ou aux voyages hivernaux gourmands en chauffage. La vraie valeur du projet n’est pas l’autonomie en roulant, qui reste celle du Proace de base, mais l’autonomie énergétique à l’arrêt. Vu sous cet angle, c’est une réponse maligne à une frustration bien connue de la vanlife électrique, à condition d’accepter de lever le pied.

FAQ

Ce van peut-il vraiment rouler sans jamais se brancher ?

Selon son concepteur, oui, mais uniquement en restant sous 80 km par jour, avec les panneaux solaires dépliés à l’arrêt et un ensoleillement suffisant. Au-delà, le recours à une borne redevient nécessaire.

Sur quelle base est-il construit ?

Sur un Toyota Proace électrique doté d’une batterie de 75 kWh, donnée pour 330 km d’autonomie mais ramenée à environ 250 km en usage réel par l’aménageur.

Que valent les 80 km par jour annoncés ?

Ils correspondent à ce que les panneaux solaires peuvent restituer dans de bonnes conditions, véhicule arrêté et panneaux déployés. C’est une moyenne optimiste qui dépend fortement de la météo et de la saison.

Quand le van sera-t-il commercialisé et à quel prix ?

Une commercialisation est envisagée dès la fin de l’année, en van neuf aménagé ou en aménagement du véhicule du client. Le prix n’est pas encore fixé.

En quoi diffère-t-il d’un van électrique classique ?

Il ajoute une seconde batterie et surtout des panneaux solaires de toit qui lui permettent de se recharger en autonomie à l’arrêt, là où un van électrique standard dépend entièrement d’une borne ou d’une prise.

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