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Grand fourgon : le guide d’achat pour artisans et TPE en 2026

Le Fourgon MAN TGE est disponible en version 5t et 5.5t

Le grand fourgon, c’est l’outil de travail qui fait tourner des milliers de TPE, d’artisans et d’indépendants en France. Avec un volume utile qui peut atteindre 22 m³ sur les versions les plus longues, une charge utile importante et la possibilité de tracter de grosses remorques, il sert aussi bien au plaquiste qui transporte ses plaques de plâtre qu’au plombier qui en fait son atelier roulant. Mais entre la dizaine de modèles qui se partagent le marché, les configurations à trois lettres et le choix entre diesel, électrique ou hybride, le bon achat se joue sur des détails.

Ce guide vous aide à choisir le grand fourgon adapté à votre activité, votre budget et votre permis. Sans jargon inutile.

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Qu’est-ce qu’un grand fourgon, exactement ?

Le grand fourgon désigne le plus gros segment du véhicule utilitaire léger (VUL) en France. On parle aussi de maxi-fourgon, de gros utilitaire ou de grand utilitaire selon les sources. Concrètement, c’est un véhicule à carrosserie fourgon dont le PTAC est généralement compris entre 3,3 et 4,5 tonnes en standard, qui peut grimper jusqu’à 7 tonnes sur certaines versions lourdes, avec un volume utile qui démarre autour de 8 m³ et peut atteindre 22 m³ sur les versions les plus longues.

À ne pas confondre avec le camion : un grand fourgon reste un VUL dans sa version 3,5 tonnes, donc conductible avec un permis B. Au-delà, il faut un permis C1 ou C selon le PTAC.

La différence entre grand fourgon, fourgon moyen et fourgonnette

Le marché du VUL se découpe en trois segments, et bien situer son besoin évite de se tromper de catégorie.

La fourgonnette, ou camionnette, regroupe les petits utilitaires type Renault Kangoo, Citroën Berlingo, Peugeot Partner, Ford Transit Connect ou Volkswagen Caddy. C’est le format des coursiers, des artisans qui travaillent en ville, des commerciaux.

Le fourgon moyen tient le milieu de gamme : Renault Trafic, Peugeot Expert, Citroën Jumpy, Ford Transit Custom, Mercedes Vito, Volkswagen Transporter. Le format roi des installateurs, électriciens et plombiers en zone semi-urbaine.

Le grand fourgon, sujet de ce guide, prend le relais au-delà. Il s’adresse aux activités qui transportent du volume, du poids, ou les deux à la fois.

Les volumes et dimensions typiques (L et H)

Les constructeurs codent les versions selon leur longueur (L1 à L4) et leur hauteur (H1 à H3). Attention, ces codes ne correspondent pas exactement d’une marque à l’autre. Il faut toujours vérifier les cotes exactes en millimètres sur la fiche technique de la version visée.

L’ordre de grandeur sur un grand fourgon :

  • L1H1 : le format compact du segment, autour de 8 m³.
  • L2H2 : le best-seller des artisans, généralement entre 10 et 12 m³.
  • L3H2 / L3H3 : polyvalent, autour de 13 à 17 m³.
  • L4H3 : format extrême, jusqu’à 22 m³ sur certaines versions propulsion.

La hauteur sous plafond joue autant que le volume brut. En H3, on charge debout, on aménage avec confort. En H2, il faut souvent se baisser dès qu’on monte à l’arrière.

Les grands fourgons disponibles sur le marché français en 2026

Le segment compte aujourd’hui une douzaine d’appellations, mais derrière, on retrouve en réalité quatre plateformes techniques. Voici le panorama complet, avec ce qui les distingue.

Les Stellantis : Citroën Jumper, Fiat Ducato, Peugeot Boxer, Opel Movano

Quatre badges, une seule plateforme : la fameuse base SEVEL produite à Atessa en Italie depuis 2006. Le Fiat Ducato reste le best-seller européen du segment. Restylés en 2024, ces fourgons ne seront pas renouvelés avant 2030, mais une mise à jour technique majeure est prévue en 2027 pour la mise en conformité réglementaire.

Ce qu’ils proposent :

  • Plusieurs longueurs et hauteurs disponibles, avec une carrosserie tôlée mais aussi des versions châssis-cabine, double cabine, plancher cabine.
  • Motorisations diesel 2,2 BlueHDi / Multijet avec plusieurs niveaux de puissance (120, 140, 180 ch sur Boxer et Jumper depuis le restylage 2024).
  • Boîte manuelle 6 rapports ou boîte automatique 8 rapports.
  • Versions 100 % électriques (e-Ducato, e-Boxer, ë-Jumper, Movano Electric) équipées d’une batterie de 110 kWh et annoncées à 420 km d’autonomie WLTP.
  • PTAC standard à 3,5 t avec des déclinaisons jusqu’à 4,25 t.

Sur le millésime 2026, le Fiat Ducato L3H2 3,5 t en diesel 140 ch est tarifé à partir d’environ 41 000 € HT selon l’essai MyUtilitaire publié en mai 2026. Le Fiat Ducato joue la carte du best-seller éprouvé, le Peugeot Boxer mise sur le réseau pro et le confort de conduite, le Citroën Jumper sur le prix, et l’Opel Movano sur le maillage Stellantis. Le Toyota Proace Max vient compléter la famille avec un cousin japonais lancé en 2024.

Le Renault Master (et son clone Nissan Interstar)

Renouvelé en 2024, le Master IV a marqué un saut générationnel. Cinq étoiles à l’Euro NCAP « Commercial Van Safety » obtenues le 8 mai 2025, un design vertical assumé, et une gamme qui pousse les curseurs.

À retenir, données officielles Renault :

  • Quatre longueurs (L1, L2, L3 traction, L4 propulsion), trois hauteurs (H1, H2, H3).
  • 40 silhouettes produites en usine sur le site de Bailly (Meurthe-et-Moselle).
  • Volume utile de 11 à 17 m³ en fourgon standard, jusqu’à 22 m³ en grand volume avec carrosserie spéciale.
  • Diesel Blue dCi 2.0 décliné en 105, 130, 150 et 170 ch, boîte manuelle 6 rapports ou boîte automatique 9 rapports (sur les 150 et 170 ch).
  • Version électrique E-Tech avec deux batteries : 40 kWh (180 km WLTP environ) et 87 kWh, cette dernière annoncée à 460 km d’autonomie WLTP, charge utile de 1 625 kg en version L2H2 4 tonnes grande autonomie (permis B grâce à la dérogation 4,25 t), capacité de remorquage 2,5 tonnes.
  • Recharge rapide DC jusqu’à 130 kW : 252 km récupérés en 30 minutes.
  • PTAC de 2,8 à 4,5 tonnes selon les versions, châssis-cabine propulsion en tête.
  • Charge utile annoncée par L’Argus jusqu’à 2,4 t sur les configurations châssis-cabine de la gamme.

Le Nissan Interstar est le jumeau du Master sous badge Nissan, avec une face avant retravaillée et une carrosserie identique. Il bénéficie du même réseau de carrossiers et des mêmes solutions d’aménagement.

Ford Transit

Le Ford Transit historique reste une référence sur le segment. Produit en Turquie par Ford Otosan, il joue la fiabilité et la diversité des configurations : du fourgon tôlé court traction au châssis-cabine, en passant par les versions double cabine et benne.

Côté électrique, le E-Transit a fait évoluer sa batterie en 2024-2025. La version standard de 68 kWh utiles annonçait 317 km WLTP. La version à autonomie étendue, équipée d’une batterie de 89 kWh, est annoncée à 402 km WLTP par Ford Pro, soit un gain de 28 %. La recharge DC progresse à 180 kW, contre 115 kW auparavant, et la recharge AC passe à 22 kW de série. Le E-Transit est décliné en 19 variantes : fourgons L3 et L4, simples et doubles cabines, châssis-cabines.

Atout différenciant : Ford Pro, l’écosystème de services connectés (gestion de flotte, télématique, planification d’entretien, mises à jour OTA) que Ford propose nativement.

Mercedes-Benz Sprinter

Le Sprinter, c’est le grand fourgon premium par défaut. Bâti à Düsseldorf et Ludwigsfelde, il propose un éventail de configurations qu’aucun concurrent n’égale : traction, propulsion, transmission intégrale 4×4, fourgon, châssis-cabine, double cabine.

L’eSprinter électrique nouvelle génération, lancé en 2024, est proposé avec trois batteries au choix : 56 kWh, 81 kWh et 113 kWh. L’autonomie WLTP varie de 192 km sur la petite batterie à 443 km sur la grande en cycle mixte, et jusqu’à 536 km en cycle urbain. Volumes utiles disponibles : 9, 10,5 et 14 m³. La version 4,25 tonnes (conductible avec permis B grâce à la dérogation européenne pour les VUL électriques) débloque les autonomies maximales. Recharge DC jusqu’à 115 kW (en option), passage de 10 à 80 % en 42 minutes sur la batterie 113 kWh.

Le revers : c’est aussi le plus cher du segment, et l’entretien suit. Mais pour les artisans qui font du gros kilométrage et veulent la valeur résiduelle la plus solide à la revente, il reste un repère.

Volkswagen Crafter et MAN TGE

Cousins techniques (le TGE est un Crafter rebadgé MAN, produit dans la même usine de Września en Pologne), ces deux fourgons partagent moteurs, plateforme et caractéristiques. La différence se joue sur le réseau après-vente : MAN exploite son maillage de centres poids lourds avec dépannage 24/7, ce qui en fait un argument majeur pour les flottes qui ne peuvent pas se permettre une immobilisation.

Motorisation 2.0 TDI, boîte manuelle 6 rapports ou automatique 8 rapports, versions e-Crafter et e-TGE électriques également au catalogue.

Iveco Daily

À part dans le segment. Le Daily descend directement du gros utilitaire et tutoie le camion : PTAC qui grimpe jusqu’à 7 tonnes selon les versions, châssis échelle, et la fameuse boîte Hi-Matic 8 rapports particulièrement appréciée sur ce gabarit.

Pour qui ? Les paysagistes qui tractent du matériel lourd, les carrossiers, les artisans qui font du transport de matériaux pondéreux, ou les flottes qui veulent un VUL capable d’encaisser un usage intensif. Attention : au-delà de 3,5 tonnes de PTAC, il faut un permis C1.

Toyota Proace Max et Maxus Deliver 9

Le Proace Max est le nouveau venu Toyota, cousin Stellantis lancé en 2024 et basé sur la plateforme SEVEL. Mêmes caractéristiques techniques que les Ducato/Boxer/Jumper, avec le réseau Toyota et sa réputation de fiabilité.

Le Maxus Deliver 9, d’origine chinoise (groupe SAIC), s’est fait une place sur le segment grâce à un positionnement prix agressif et une version électrique compétitive. Encore minoritaire dans les flottes françaises, il monte en visibilité chez les artisans à la recherche d’un premier prix.

Comment choisir son grand fourgon selon son métier

Le critère qui doit guider votre choix, c’est votre usage réel — pas la fiche technique la plus séduisante. Voici les configurations qui font sens selon votre activité.

Pour le bâtiment et les chantiers (maçon, charpentier, plaquiste)

Vous transportez lourd avant tout : sacs de ciment, plaques de plâtre, charpente, outillage. La charge utile prime sur le volume. Visez un L2H2 ou L3H2 avec PTAC à 3,5 tonnes minimum et une charge utile élevée. Le Renault Master diesel propulsion, le Ford Transit en version lourde et l’Iveco Daily sont des candidats sérieux. Évitez les configurations trop hautes (H3) qui posent problème sous les ponts de chantiers et plus encore en zone urbaine.

Pour les artisans du second œuvre (électricien, plombier, chauffagiste)

Votre fourgon est un atelier roulant. Vous emportez du stock, des outils, parfois des accessoires longs (cuivre, gaines, multitubes). Un L2H2 ou L3H2 fait le job, avec un aménagement intérieur sérieux : galerie de toit pour les éléments encombrants, tiroirs type System Edström ou DECKED, casiers, étagères modulables. La hauteur intérieure compte pour travailler debout dans le fourgon : préférez un H2 minimum. Le Peugeot Boxer, le Citroën Jumper et le Master sont surreprésentés dans ces métiers.

Pour le transport de marchandises et la messagerie

Le critère, c’est le volume utile maximum. Un L3H3 ou L4H3 propulsion vous donne le maximum de capacité. Le Renault Master en grand volume peut atteindre 22 m³ avec une carrosserie spéciale, et le Mercedes Sprinter long propulsion joue dans la même cour. Pour la messagerie urbaine, les versions électriques montent en pertinence : autonomie suffisante sur les tournées du jour, accès ZFE assuré, recharge la nuit au dépôt.

Pour le déménagement et les volumes encombrants

Vous voulez du gros volume sans forcément du gros poids. Direction les L3H3 et L4H3, avec hayon élévateur si vous chargez sans rampe ni quai. Le Fiat Ducato et le Renault Master en grands volumes sont des classiques du métier. Pensez aussi à l’ouverture des portes arrière à 270° : un détail qui change la vie au chargement.

Pour les paysagistes et activités tractant lourd

Vous tractez une remorque porte-engins ou un broyeur. Le PTRA (poids total roulant autorisé) prime sur tout le reste. L’Iveco Daily joue dans une catégorie à part avec ses très gros PTAC et PTRA. Le Renault Master propulsion arrive derrière. Attention à votre permis : au-delà de 4,25 t de PTAC + remorque cumulés, il faut une formation B96 ou un permis BE.

Volume utile, charge utile, PTAC : les chiffres qui comptent

C’est sur ces trois données que se joue le bon choix. Et c’est là que la plupart des erreurs se font.

Lire une fiche technique sans se tromper

Quatre chiffres à isoler systématiquement :

  • Le volume utile (m³) : capacité de chargement maximale, mesurée selon une norme constructeur. Donne l’ordre de grandeur, pas la précision pour aménager.
  • La charge utile (kg) : différence entre le poids à vide et le PTAC. C’est ce que vous pouvez réellement transporter en plus du véhicule et de votre carburant.
  • Le PTAC (poids total autorisé en charge) : limite légale du véhicule chargé. Le dépasser, c’est l’amende et un risque mécanique.
  • Le PTRA (poids total roulant autorisé) : PTAC + poids de la remorque éventuelle. Détermine ce que vous pouvez tracter.

Une fiche technique se lit version par version. Un Master « 3,5 t » ne dit rien tant qu’on n’a pas précisé L2H2 ou L3H3, traction ou propulsion, diesel ou électrique. Les chiffres changent à chaque combinaison.

Le piège de la charge utile réelle

C’est l’angle mort le plus fréquent. La charge utile annoncée par le constructeur correspond à un véhicule de base, sans options. Ajoutez un aménagement intérieur (cloisons, étagères, plancher bois), une galerie de toit, une porte latérale supplémentaire, une climatisation, et vous perdez de la charge utile réelle.

Sur les versions électriques, le poids des batteries (par exemple 870 kg pour la batterie 113 kWh de l’eSprinter, selon Caradisiac) dévore une partie de la charge utile. C’est pour cette raison que le législateur européen autorise la conduite des VUL électriques jusqu’à 4,25 t avec un permis B, pour compenser ce surpoids structurel.

Le bon réflexe : faire peser votre fourgon aménagé sur une bascule publique avant de l’utiliser à pleine charge. Vous serez fixé.

PTAC, PTRA et permis B : ce qui change vraiment

Le permis B autorise la conduite de tout véhicule dont le PTAC n’excède pas 3,5 tonnes (4,25 t pour les versions 100 % électriques, dérogation européenne entrée en vigueur en 2024). Au-delà, il faut un permis C1 (PTAC jusqu’à 7,5 t) ou un permis C.

Pour tracter une remorque dont le poids dépasse 750 kg, ou si l’ensemble véhicule + remorque dépasse 3,5 t de PTAC cumulé, il faut une formation B96 (jusqu’à 4,25 t cumulés) ou un permis BE (au-delà). Pour un artisan : un grand fourgon 3,5 t en permis B suffit dans la majorité des cas.

Diesel, électrique, hybride : quelle motorisation pour un grand fourgon ?

C’est la question centrale en 2026. La réponse dépend de votre kilométrage annuel, de vos zones d’intervention et de votre capacité à recharger.

Le diesel reste la référence

Sur le segment du grand fourgon, le diesel domine encore largement. Pour de bonnes raisons : grande autonomie, ravitaillement rapide, charge utile préservée, et un réseau de stations dense partout en France. Pour un artisan qui fait du gros kilométrage avec des tournées variables, c’est encore le choix le plus rationnel.

Les blocs récents (BlueHDi Stellantis 2,2 l, dCi Renault, TDI VW, Duratorq Ford) sont conformes aux normes Euro 6d-Full ou Euro VI-e, équipés de filtres à particules et de systèmes SCR à AdBlue.

L’électrique gagne du terrain (mais pas partout)

Le grand fourgon électrique est sorti de la confidentialité depuis 2024. Les autonomies WLTP annoncées, données officielles constructeurs :

  • Renault Master E-Tech 87 kWh : jusqu’à 460 km WLTP.
  • Mercedes eSprinter 113 kWh : jusqu’à 443 km WLTP en cycle mixte, 536 km en cycle urbain.
  • Stellantis e-Ducato / e-Boxer / ë-Jumper / Movano Electric 110 kWh : jusqu’à 420 km WLTP (424 km annoncés par Stellantis en communication officielle).
  • Ford E-Transit batterie 89 kWh : jusqu’à 402 km WLTP.
  • Ford E-Transit batterie 68 kWh : 317 km WLTP.

L’équation économique fonctionne sur trois cas d’usage clairs :

  • Tournées urbaines avec retour quotidien au dépôt et recharge nocturne.
  • Activités contraintes par les ZFE.
  • Flottes pouvant amortir l’écart de prix grâce au TCO réduit (carburant, entretien) et aux aides à l’achat.

Pour un artisan en milieu rural avec des longues distances quotidiennes, l’électrique reste pénalisant : autonomie qui chute sous charge et par grand froid, temps de recharge sur autoroute, et écart de prix d’achat élevé.

Boîte manuelle ou boîte automatique ?

L’automatique gagne du terrain sur tout le segment. La Hi-Matic 8 d’Iveco, la 7G-Tronic puis 9G de Mercedes, la EAT8 Stellantis, la 9 rapports Renault (sur les Blue dCi 150 et 170), l’automatique 8 Ford et VW : toutes les marques proposent désormais une option BVA.

Pour un usage urbain et péri-urbain avec beaucoup d’arrêts (livraison, messagerie), la BVA fait gagner du confort, économise l’embrayage et lisse la consommation. Sur autoroute, le bénéfice est moindre. Sur les versions électriques, la question ne se pose pas : il n’y a pas de boîte, juste un réducteur.

Traction ou propulsion : quel choix selon votre usage

Tous les grands fourgons ne sont pas équivalents sur ce point. Les Stellantis sont exclusivement tractions. Le Ford Transit, le Mercedes Sprinter, le VW Crafter / MAN TGE, le Renault Master en version longue et l’Iveco Daily proposent les deux.

La traction offre un meilleur volume utile (plancher plat plus bas, pas d’arbre de transmission), une consommation légèrement inférieure et un coût d’achat plus bas. C’est le bon choix pour les usages avec peu de charge sur l’essieu arrière et beaucoup de transport de volume.

La propulsion (parfois en roues jumelées sur les versions les plus lourdes) tire mieux, supporte des PTAC et PTRA plus élevés, et reste plus stable en pleine charge. C’est le choix obligé pour les versions lourdes, pour les châssis-cabines benne, et pour les usages avec remorque lourde.

Achat, LLD, LOA : quelle formule pour un artisan ?

L’achat comptant fait sens si vous gardez votre fourgon plus de cinq ans et si vous avez la trésorerie. Vous immobilisez l’actif au bilan, vous récupérez la TVA, vous amortissez sur la durée de détention.

La LLD (location longue durée) sécurise le TCO sur 36 à 60 mois : vous payez un loyer fixe, l’entretien est souvent inclus, vous restituez le véhicule en fin de contrat. Avantage : pas de souci de revente, prévisibilité du coût. Inconvénient : aucun actif au bilan à la sortie.

La LOA (location avec option d’achat) combine les deux : loyers fixes pendant la durée du contrat, puis option d’achat à valeur résiduelle prédéterminée. Adaptée aux artisans qui hésitent entre garder et changer en fin de contrat.

Pour les flottes professionnelles, la LLD reste la formule dominante. Pour les artisans solo, l’achat ou la LOA avec un apport modéré sont souvent plus rationnels sur la durée.

Aménagement et équipement : préparer son fourgon pour le métier

Un grand fourgon brut sortant de chez le concessionnaire n’est pas un outil de travail. Il faut l’aménager. Quelques postes incontournables :

  • Plancher bois ou résine : protège la tôle, facilite le glissement des charges, indispensable pour le second œuvre.
  • Cloison de séparation : sécurité du chauffeur en cas de freinage d’urgence, isolation thermique et phonique. Souvent imposée par les assurances.
  • Étagères et tiroirs : System Edström, Sortimo, Bott, Modul-System, DECKED.
  • Galerie de toit, barres et porte-échelle : pour les éléments longs ou encombrants. Privilégier les galeries aluminium en accès basculant.
  • Hayon élévateur : pour les charges lourdes ou les transports sans quai.
  • Éclairage LED intérieur : indispensable pour travailler dans la zone de chargement.

Pensez à intégrer ces postes dans votre budget global. Un fourgon neuf bien aménagé représente un investissement significatif, et c’est souvent l’aménagement qui distingue un outil de travail efficace d’un véhicule simplement « gros ».

FAQ

Quel est le grand fourgon avec la meilleure charge utile ?

La réponse dépend du PTAC. Sur les versions 3,5 tonnes (conduites en permis B), tous les grands fourgons se tiennent dans la même fourchette, avec des écarts liés à la configuration (longueur, hauteur, motorisation, équipements). L’Iveco Daily, qui peut grimper en PTAC bien au-delà de 3,5 tonnes, propose des charges utiles supérieures sur ses versions lourdes, mais nécessite alors un permis C1. Pour comparer correctement deux modèles, vérifiez toujours la charge utile annoncée pour la version exacte qui vous intéresse, sur la fiche technique constructeur — les valeurs varient sensiblement entre traction et propulsion, et entre diesel et électrique.

Peut-on conduire un grand fourgon avec un permis B ?

Oui, tant que le PTAC n’excède pas 3,5 tonnes (4,25 t pour les versions 100 % électriques, depuis la dérogation européenne entrée en vigueur en 2024). Tous les grands fourgons sont disponibles en version 3,5 t homologuée permis B. Au-delà, il faut un permis C1 (jusqu’à 7,5 t) ou un permis C.

Quelle est la différence entre un grand fourgon et un maxi-fourgon ?

Les deux termes désignent le même segment. « Grand fourgon » est l’appellation française la plus courante, « maxi-fourgon » est utilisé par certains constructeurs et médias spécialisés. Tous deux renvoient au plus gros segment du VUL, avec un volume utile démarrant autour de 8 m³ et pouvant atteindre 22 m³ sur les versions les plus longues.

Quel est le grand fourgon électrique avec la plus grande autonomie ?

En données WLTP officielles communiquées par les constructeurs au printemps 2026, le Renault Master E-Tech avec sa batterie de 87 kWh est annoncé jusqu’à 460 km, ce qui le positionne en tête du segment. Le Mercedes eSprinter en batterie 113 kWh suit avec 443 km en cycle mixte (et jusqu’à 536 km en cycle urbain). Les Stellantis (e-Ducato, e-Boxer, ë-Jumper, Movano Electric) en batterie 110 kWh sont annoncés à 420 km, et le Ford E-Transit en batterie 89 kWh à 402 km. L’autonomie réelle dépend bien sûr de la charge transportée, de la vitesse moyenne et de la température extérieure.

Un grand fourgon peut-il rouler en ZFE ?

Cela dépend de la vignette Crit’Air du véhicule et de la ZFE concernée. Les versions diesel Euro 6 sont en Crit’Air 2 et restent autorisées dans la plupart des ZFE en 2026, à l’exception de certaines restrictions de pointe selon les agglomérations. Les versions électriques sont Crit’Air 0 et bénéficient d’un accès permanent à toutes les ZFE. Les diesel antérieurs aux normes Euro 5 et 6 sont progressivement restreints. Vérifiez toujours la réglementation propre à votre ZFE de circulation.

Quelle est la durée de vie moyenne d’un grand fourgon ?

Un grand fourgon diesel bien entretenu peut largement dépasser les 400 000 km en usage professionnel, avec des exemplaires atteignant régulièrement 500 000 à 700 000 km. La durée de vie dépend autant du chauffeur, de l’entretien et du type d’usage (gros ou petit roulage, charges régulières ou ponctuelles) que de la marque. Les Mercedes Sprinter et Iveco Daily ont la réputation de durer le plus longtemps en usage intensif, mais un Master ou un Transit entretenu rivalise sans difficulté.

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