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Renault Trucks France change de directeur : ce que Manuel Marielle prépare pour les pros. Notre entretien.

Depuis le 1er mai 2026, Renault Trucks France a un nouveau directeur général avec Manuel Marielle. Ce dernier a pris les rênes du premier marché de la marque, en remplacement de Christophe Martin. Au-delà du changement d’organigramme, c’est ce qui se joue sur la garantie, le réseau et la location qui intéresse vraiment l’artisan ou la TPE qui roule en Trafic ou en Master. On fait le point.

Un nouveau patron pour le premier marché de la marque

À 53 ans, Manuel Marielle n’est pas un visage inconnu de la maison Renault Trucks France. Il y est entré en 1999, côté finance, avant d’enchaîner les postes au sein du groupe Volvo, propriétaire de Renault Trucks, en France comme à l’international. Avant cette nomination, il dirigeait la division européenne dédiée aux véhicules de moyen tonnage. Son prédécesseur, Christophe Martin, en poste depuis 2018, rejoint le comité exécutif de Renault Trucks pour y piloter l’expérience client.

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Le poste a du poids : la France est le premier marché du constructeur, qui y revendique 30 % de parts de marché sur son segment. Renault Trucks domine aussi très largement le camion électrique dans l’Hexagone, avec 76 % de parts de marché en 2024. Autrement dit, le nouveau directeur arrive sur un terrain solide, pas en terrain de reconquête.

« Berliet a construit la France » : des racines lyonnaises

Manuel Marielle parle de cette nomination comme d’un retour aux sources. Son père a travaillé chez Berliet, le constructeur lyonnais ancêtre de Renault Trucks, profondément lié à l’histoire industrielle de la région. « Berliet a construit la France », résume-t-il. Pour une marque qui met en avant son expertise centenaire du poids lourd au service de ses utilitaires légers, l’argument n’est pas qu’une formule : c’est ce réseau et ce savoir-faire d’atelier que les pros retrouvent quand ils achètent un Trafic ou un Master estampillé Renault Trucks.

Garantie, réseau, assistance : ce qui compte au quotidien

C’est là que le sujet devient concret pour un indépendant. Renault Trucks pousse ses revenus de services et la spécialisation de ses vendeurs sur l’utilitaire, avec quelques engagements qui parlent directement à un artisan dont le fourgon est l’outil de travail :

  • une garantie portée à 3 ans,
  • un maillage dense, autour de 310 points de service en France, soit en moyenne un tous les 30 km, complété par une trentaine de partenaires privés pour l’entretien, la maintenance préventive et le dépannage,
  • une assistance et la mise à disposition de véhicules relais en cas d’immobilisation, sur des créneaux horaires étendus calés sur les journées de chantier,
  • des contrats modulables qui peuvent aller jusqu’au financement et à l’assurance du véhicule.

Pour qui vit d’un seul véhicule, la densité du réseau et la rapidité de prise en charge pèsent souvent plus lourd dans le calcul que la fiche technique. C’est d’ailleurs un point sur lequel le réseau Renault tient la corde face à la concurrence, comme on l’a vu dans notre comparatif des utilitaires les plus fiables.

La location et la reprise à 3 ans débarquent sur l’utilitaire

Deuxième chantier annoncé : Renault Trucks veut développer la location courte et longue durée sur ses utilitaires, à l’image de ce qui se pratique sur le véhicule particulier. Le réseau se veut agile, orienté B2B, capable d’adapter véhicules et carrosseries au plus près du besoin.

Dans la foulée, le constructeur réfléchit à reprendre les utilitaires au bout de trois ans, en sortie de location notamment. La logique vient de la gamme lourde, où la reprise des tracteurs est une pratique installée. Pour un pro, c’est une visibilité supplémentaire sur la valeur de revente et le coût d’usage réel, dans un marché où beaucoup d’indépendants arbitrent justement entre neuf, occasion et location longue durée.

Le cap électrique : Trafic E-Tech aujourd’hui, Flexis demain

Sur l’électrique, la part reste modeste à l’échelle de la marque, de l’ordre de 3 à 5 %. Mais l’objectif 2030 est clair : monter à 30 % sur l’ensemble, et au-delà de 50 % côté utilitaire. Le moteur de cette bascule, ce n’est plus seulement la réglementation, c’est le coût d’usage : avec un carburant cher, l’équation TCO penche de plus en plus vers l’électrique, et les pros qui ont sauté le pas reviennent rarement en arrière.

Côté nouveautés, le cœur de gamme utilitaire électrique va s’étoffer avec les véhicules Flexis dès 2027 et leur architecture 800 V, censée faire oublier le sujet de la recharge. On a détaillé cette feuille de route et ses enjeux pour les flottes dans notre analyse dédiée à l’offensive Flexis de Renault Trucks. Un point souvent négligé : pour beaucoup d’usages pros, l’autonomie n’est pas le vrai frein, puisque la recharge se fait surtout la nuit, au dépôt. Et avant de finaliser un achat électrique, mieux vaut regarder de près les aides mobilisables, en particulier la réforme du CEE entrée en vigueur le 1er juin 2026.

Ce qu’il faut retenir pour votre activité

Pas de révolution produit immédiate avec cette nomination, mais une direction assumée : plus de services, un réseau toujours plus dense, de la location qui se développe et une trajectoire électrique qui s’accélère côté VUL. Pour un artisan ou une TPE, les vrais points à suivre sont la garantie 3 ans, l’arrivée des offres de location et de reprise, et la disponibilité du futur Trafic électrique. Le reste, c’est de la stratégie de groupe : utile à connaître, rarement décisif au moment de signer.

FAQ

Qui est le nouveau directeur général de Renault Trucks France ?

Manuel Marielle, 53 ans, a pris la direction générale de Renault Trucks France le 1er mai 2026. Entré dans la maison en 1999, il a fait l’essentiel de sa carrière au sein du groupe Volvo, propriétaire de Renault Trucks, et dirigeait jusque-là la division européenne des véhicules de moyen tonnage.

Qu’est devenu Christophe Martin ?

Christophe Martin, directeur général de Renault Trucks France depuis 2018, rejoint le comité exécutif de Renault Trucks pour y prendre en charge l’expérience client.

Qu’est-ce que ça change pour un artisan ou une TPE ?

Concrètement, l’accent est mis sur les services : garantie portée à 3 ans, réseau de services dense (environ un point tous les 30 km), assistance et véhicules relais, et développement des offres de location courte et longue durée sur l’utilitaire.

Renault Trucks va-t-il proposer plus d’utilitaires électriques ?

Oui. Le constructeur vise plus de 50 % d’électrique sur sa gamme utilitaire à l’horizon 2030 et prépare l’arrivée des véhicules Flexis en 800 V dès 2027, en plus du Trafic E-Tech Electric déjà au catalogue.

Renault Trucks, c’est la même chose que Renault pour les utilitaires ?

Pas exactement. Renault Trucks commercialise ses propres versions du Trafic et du Master (gamme Red Edition), en s’appuyant sur son expertise poids lourd et la densité de son réseau d’ateliers, distincts du réseau Renault classique.

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