Dans la série « L’avis des pros », Utilitaire Magazine est allé à la rencontre de Jacques, maréchal-ferrant en Île-de-France. À 36 ans, ce chef d’entreprise indépendant exerce depuis presque vingt ans et dirige sa propre structure depuis treize ans. Son métier d’artisanat dédié au soin des chevaux exige une formation solide, une grande mobilité et un véhicule taillé pour le terrain. Après plusieurs fourgons utilitaires, il a fait le choix d’un pick-up Renault Alaskan équipé d’une cellule métier sur mesure. Témoignage.
Pourquoi choisir un pick-up plutôt qu’un fourgon utilitaire ?
Jacques circule toute l’année, par tous les temps, sur des routes parfois accidentées et des chemins difficiles d’accès pour rejoindre les écuries de ses clients. Après avoir roulé en Renault Kangoo puis en Mercedes Vito, il s’est orienté vers le pick-up pour gagner en autonomie, en confort et en capacités tout-terrain.
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« Le besoin d’avoir un véhicule plus adapté aux contraintes terrain du quotidien, c’est ce qui m’a poussé vers le pick-up. C’était le début du malus pour les cinq places. J’ai trouvé en concession une occasion quasi neuve, 3 000 km au compteur. J’hésitais entre un Toyota Hilux et le Renault Alaskan, mais ce dernier avait plus d’options et me semblait plus confortable, on roule beaucoup. »

Côté motorisation, tous les modèles proposés étaient équipés du même bloc : un 2.7 L de 190 ch. Un critère essentiel pour un artisan qui tractait régulièrement une remorque à chevaux aménagée en caravane, le week-end, pour les concours d’attelage en famille.
« Je voulais un véhicule capable de tracter au moins 3 tonnes, tout en gardant une charge utile intéressante. »
Le 4×4, lui, n’était pas une priorité au départ. « Aucun de mes véhicules précédents n’en avait. Mais en pratique, ça m’a bien servi sur les terrains gras, dans des chemins où je serais resté bloqué sinon. Au quotidien, je roule en propulsion, en 4×2. En 4×4, on ne dépasse pas les 50 km/h de toute façon. »
Une cellule métier sur mesure homologuée Renault
Pour répondre aux exigences de son activité, Jacques a fait équiper son Alaskan d’une cellule fabriquée par un carrossier des Yvelines. La benne d’origine a été retirée, puis l’aménagement intérieur a été réalisé par un spécialiste de l’Eure. Le véhicule est ensuite repassé aux Mines, requalifié en plateau utilitaire après modification du châssis, avec une nouvelle plaque de tare pour rester en règle vis-à-vis de l’assurance.
« Avant de faire la caisse, le carrossier demande une homologation au constructeur, qui lui envoie le cahier des charges. Nous voulions des suspensions pneumatiques à l’arrière pour rehausser un peu la caisse, mais cela a été refusé. Seules les lames renforcées ont été possibles. »
Tiroirs coulissants, forges embarquées et charge utile maîtrisée
À l’intérieur de la cellule, des tiroirs courent sur toute la longueur et sortent en totalité. Chaque tiroir supporte jusqu’à 250 kg. La charge utile autorisée dans la caisse est plafonnée à 450 kg.


« C’est le problème des pick-up : c’est super, mais on ne peut pas mettre beaucoup dedans. Nous, on n’est pas lourds. Hormis la perceuse qui fait 90 kg, on n’a rien dans le camion. J’ai deux petites forges, on prend les fers à la journée au dépôt. On ne dépasse pas les 3,5 tonnes, je le vois au châssis qui reste plat et aux amortisseurs qui ne souffrent pas. »
La cellule, légère, ne pèse que 70 kg de plus que la benne d’origine. « C’est moins solide, c’est beaucoup de fibre, mais le poids reste maîtrisé. »
Consommation et autonomie au quotidien
Avec ce poids contenu, la consommation reste raisonnable pour un pick-up de cette catégorie : 9 à 10 litres en cycle urbain, 11 litres sur autoroute. Le seul vrai bémol concerne l’autonomie.
« Le petit réservoir de 70 litres environ, un peu comme une voiture classique, oblige à faire le plein souvent. On fait peu de kilomètres avec un seul plein, c’est le principal défaut. »

Renault Alaskan : le bilan après sept ans et 300 000 km
Mis en circulation en 2019, le Renault Alaskan de Jacques totalise désormais 300 000 km au compteur. Le turbo a été remplacé à 270 000 km, et une fuite est apparue récemment sur le bloc moteur. Pour le reste, tout est d’origine.
« Je fais 50 000 km par an en moyenne. Je pars régulièrement en Suisse pour des formations, je ferre des chevaux de polo donc je vais aussi en Espagne, à Málaga. On va aussi à La Baule, à Deauville. Le camion a beaucoup tracté pour les concours d’attelage, il est très sollicité. C’est un bon camion, on en est contents. Il démarre tous les matins, c’est tout ce qu’on lui demande. »
Confort de conduite et ergonomie de travail
Avec le recul, c’est le confort qui domine l’appréciation de l’artisan. Position de conduite haute, sièges confortables, bonne stabilité sur la route et boîte automatique appréciée au quotidien.
« On est bien assis, on voit loin, le véhicule est stable, ça ne bouge pas. La boîte automatique est top. »
L’autre avantage majeur tient à l’ergonomie de travail offerte par la cellule. Contrairement à un fourgon où tout est accessible uniquement par l’arrière, la cellule du pick-up permet de travailler à plusieurs simultanément, autour du véhicule et à l’abri.
« On peut être jusqu’à six personnes autour de la cellule si besoin. C’est une plus-value énorme dans un métier où on est dehors toute l’année, par tous les temps, et qui est extrêmement exigeant physiquement. »

Connectivité : le seul vrai regret
Si Jacques devait changer une chose, ce serait moins le véhicule que son aménagement intérieur, qu’il dessinerait différemment aujourd’hui. Côté camion, un seul point noir : l’absence de connectivité smartphone sur l’écran central.
« Hormis le Bluetooth, il n’y avait pas de connectivité possible avec mon téléphone. Ce n’était même pas une option en 2019 chez Renault, alors que c’était déjà proposé chez Nissan ou Mercedes. Je ne me sers jamais du GPS d’origine, je passe toujours par celui de mon téléphone. Ça me manque vraiment au quotidien, je me déplace sans arrêt d’une écurie à l’autre. »
L’utilitaire, partenaire central de l’artisan maréchal-ferrant
Comme pour beaucoup d’artisans, l’utilitaire est au cœur de l’activité du maréchal-ferrant. Il doit accompagner son conducteur toute la journée entre les différents clients, garantir confort et sécurité, transporter le matériel nécessaire et l’organiser efficacement une fois sur place. Il doit aussi permettre de gérer les urgences propres à un métier qui s’exerce sur des animaux vivants, dont les besoins sont parfois imprévisibles en dehors des visites programmées, sachant qu’un cheval doit être vu par son maréchal en moyenne toutes les six à huit semaines.
Jacques et son équipe interviennent sur plus de 1 000 équidés de loisir et de sport, par tous les temps, parfois dans des lieux isolés. Son témoignage éclaire les besoins, les atouts et les limites du pick-up comme partenaire de travail dans le quotidien exigeant d’un artisan mobile.
FAQ
Pourquoi un maréchal-ferrant choisit-il un pick-up plutôt qu’un fourgon ?
Le pick-up offre une meilleure autonomie sur les terrains difficiles, une assise haute pour la visibilité, des capacités de traction élevées et la possibilité d’installer une cellule métier permettant de travailler à plusieurs autour du véhicule, à l’abri.
Quelle charge utile pour un Renault Alaskan aménagé ?
Une fois la benne remplacée par une cellule métier homologuée, la charge utile autorisée dans la caisse tombe autour de 450 kg sur un Alaskan, contre une charge utile plus élevée d’origine. Le poids de la cellule en fibre représente environ 70 kg de plus que la benne d’origine.
Quelle capacité de traction pour un pick-up de maréchal-ferrant ?
Le Renault Alaskan 2.7 L 190 ch peut tracter jusqu’à 3,5 tonnes, ce qui convient au transport d’une remorque à chevaux aménagée ou d’un attelage de concours.
Faut-il une homologation pour transformer un pick-up en utilitaire métier ?
Oui. Le carrossier doit obtenir un cahier des charges auprès du constructeur avant la modification. Le véhicule repasse ensuite aux Mines pour être requalifié en plateau utilitaire, avec une nouvelle plaque de tare et une mise à jour de l’assurance.
Quelle consommation pour un Renault Alaskan en usage professionnel ?
En usage artisan avec une cellule légère, la consommation s’établit autour de 9 à 10 l/100 km en cycle urbain et 11 l/100 km sur autoroute. Le réservoir de 70 litres limite toutefois l’autonomie entre deux pleins.
Le Renault Alaskan est-il fiable sur la durée ?
Sur l’exemplaire de Jacques, le turbo a été remplacé à 270 000 km et une fuite est apparue sur le bloc moteur autour de 300 000 km, pour un usage intensif de 50 000 km par an. Le reste de la mécanique est d’origine.




