Si le marché des VP souffre depuis la période post-pandémique, celui des utilitaires résiste plutôt mieux d’habitude. Sauf que les utilitaires ont peut-être déjà mangé leur pain blanc. En effet, les chiffres d’AAA-DATA pour juillet 2026 ne laissent guère de place à l’interprétation : le marché des utilitaires légers recule de 15,62 % sur un an, un quatrième mois de baisse consécutif qui ne doit rien aux jours ouvrés, identiques d’une année sur l’autre. Pendant ce temps, et une fois n’est pas coutume, les voitures particulières progressent de près de 9 %.
Le mois de juin avait laissé planer un doute : la baisse affichée de 4,87 % profitait alors de 2 jours ouvrés supplémentaires par rapport à 2025, ce qui masquait une réalité plus sombre. Ce biais disparaît en juillet. Avec 22 jours ouvrés dans les deux colonnes de comparaison, le chiffre de 26 939 immatriculations neuves se lit tel quel, sans correction possible. Sur un an, ce sont près de 5 000 véhicules utilitaires qui manquent à l’appel en un seul mois, dans un marché qui enchaîne désormais son quatrième mois de repli. Difficile d’y voir autre chose qu’une tendance de fond qui prend doucement mais sûrement la même direction que le VP.
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Stellantis paie le prix fort, Renault limite la casse
Le classement par groupe reste inchangé en tête, mais les écarts se resserrent dangereusement. Stellantis conserve la première place avec 8 876 unités et un peu moins de 33 % de part de marché, mais affiche la contre-performance du mois : -26,86 %, largement au-dessus de la moyenne du marché. À l’intérieur du groupe, Citroën encaisse le plus gros choc (-34,75 %), suivi de Peugeot (-24,07 %) et d’Opel (-22,10 %).
Renault, deuxième groupe avec 7 923 immatriculations, recule deux fois et demie moins vite (-11,35 %) et ne compte plus que 953 unités de retard sur le leader. Marque contre marque, Renault seule pèse près de 29 % du marché, presque le double de Peugeot. Quelques acteurs se distinguent en résistant mieux que la moyenne, à commencer par Mercedes (-0,36 %) et Toyota (-0,90 %), quand des marques plus confidentielles comme Maxus ou Kia progressent sur des volumes qui restent modestes.
L’écart avec les particuliers s’explique surtout par le soutien public
Sur les 7 premiers mois de l’année, le marché VUL cumule 208 792 immatriculations, en baisse de 3,95 %, un repli qui s’est creusé par rapport aux -1,93 % du premier semestre. La comparaison avec les voitures particulières, elles, en hausse de 8,96 % en juillet, fait apparaître un écart de 24,6 points sur un même mois à conditions calendaires identiques.
Il y a bien évidemment dans tout cela l’effet du nouveau leasing social lancé le 16 juillet, qui a dopé la part de l’électrique dans les ventes de VP jusqu’à 35 % sur le mois. Rien de comparable n’existe côté utilitaires, où l’électrique ne représentait qu’environ 12 % des ventes au premier semestre, contre 29 % côté VP en cumul. Le soutien public au VUL passe désormais par les certificats d’économies d’énergie, réformés au 1er juin, un dispositif qui n’a pas le même effet d’entraînement commercial. Résultat : l’utilitaire ne pèse plus que 17,5 % du marché VP+VU en juillet, contre 21,5 % un an plus tôt.
Pour les professionnels qui envisagent un achat dans les prochaines semaines, ce contexte de marché déprimé n’est pas sans intérêt : les constructeurs les plus en difficulté, Citroën et Peugeot en tête, ont mécaniquement plus de raisons de négocier que Mercedes ou Toyota, dont les volumes s’écoulent normalement. Reste à vérifier son éligibilité aux CEE avant toute signature, la demande devant être déposée en amont de l’acquisition.




