Amazon vient de franchir le cap des 50 000 fourgons électriques en circulation dans le monde. Un chiffre rond, parfait pour la communication du groupe. Mais en y regardant de plus près, cette flotte repose presque entièrement sur les épaules d’un seul constructeur : Rivian. Et cette dépendance mérite qu’on s’y attarde.
50 000 fourgons électriques : ce que cache le chiffre d’Amazon
Amazon aime présenter l’Europe comme un pilier de sa stratégie d’électrification, avec plus de 10 000 fourgons électriques recensés sur le continent fin 2025. Le chiffre n’a rien de délirant, mais il représente à peine un cinquième du total mondial revendiqué par le groupe. L’entreprise met aussi en avant ses vélos-cargos et ses hubs de micromobilité, déployés dans une cinquantaine de villes européennes.
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Une diversification utile pour les livraisons du dernier kilomètre, mais qui reste anecdotique en volume face à l’ensemble de la logistique du groupe. Amazon communique volontiers sur ces initiatives visibles en ville, sans toujours détailler leur poids réel dans les émissions totales de la chaîne logistique.

Rivian, le vrai pilier de cette flotte
Le chiffre le plus parlant de cette annonce concerne moins Amazon que Rivian : plus de 30 000 des 50 000 fourgons électriques du géant américain sortent des lignes du constructeur, sur la base d’une commande historique de 100 000 unités passée en 2019. Les premiers véhicules sont entrés en service aux États-Unis en 2022, et leur part n’a cessé de croître depuis. Autrement dit, sans Rivian, l’électrification de la flotte Amazon avancerait à un rythme sensiblement plus modeste.
Ces fourgons, pensés pour les arrêts fréquents des tournées urbaines et dotés d’aides à la conduite, répondent bien au cahier des charges du dernier kilomètre, mais cette dépendance à un fournisseur quasi unique pose aussi une question de résilience industrielle pour Amazon, qui reste largement tributaire des capacités de production de son partenaire.
Partenaire qui, rappelons-le, était encore en délicatesse financière il y a quelques années, même après la grosse commande d’Amazon. Fort heureusement, Rivian a su tiré profit de son savoir-faire en matière de logiciel et Volkswagen a versé plusieurs milliards d’euros pour exploiter cette partie logicielle afin d’équiper ses futures voitures électriques. De quoi remettre le petit constructeur américain sur de bons rails.

Une logistique bas carbone encore partielle
Amazon élargit par ailleurs son usage de poids lourds électriques sur les liaisons régionales et dit miser davantage sur le rail et le maritime pour réduire l’empreinte carbone de sa chaîne d’approvisionnement. Ces annonces s’accompagnent d’investissements dans les infrastructures de recharge et la gestion de flotte, présentés comme des conditions nécessaires à la poursuite de l’électrification.
Amazon vise 100 000 véhicules zéro émission d’ici la fin de la décennie, dans le cadre de sa stratégie « Climate Pledge », avec une neutralité carbone annoncée pour 2040. Le cap des 50 000 unités n’est donc qu’une étape intermédiaire, et l’entreprise n’a pas encore franchi la moitié de son propre objectif. Entre les chiffres bruts mis en avant par la communication du groupe et la réalité d’une flotte encore ultra-minoritaire face à l’ensemble du parc mondial d’Amazon, il reste prudent d’attendre des bilans plus détaillés avant de crier victoire.
FAQ
Combien de fourgons électriques Amazon possède-t-elle ?
Amazon revendique plus de 50 000 fourgons électriques en circulation dans le monde, dont plus de 10 000 en Europe fin 2025. Un chiffre à relativiser face à l’ensemble du parc de livraison du groupe, encore très majoritairement thermique.
Qui fabrique les fourgons électriques d’Amazon ?
Principalement Rivian : plus de 30 000 des 50 000 fourgons proviennent du constructeur américain, dans le cadre d’une commande de 100 000 unités passée en 2019. Le reste de la flotte s’appuie sur d’autres constructeurs, notamment en Europe.
Quel est l’objectif d’Amazon en matière de véhicules électriques ?
Le groupe vise 100 000 véhicules zéro émission d’ici la fin de la décennie, dans le cadre de son « Climate Pledge », avec une neutralité carbone annoncée pour 2040. À 50 000 unités, Amazon n’est donc qu’à mi-chemin de son propre objectif.
Pourquoi la dépendance à Rivian pose-t-elle question ?
Parce qu’un fournisseur quasi unique représente un risque industriel : le rythme d’électrification d’Amazon dépend directement des capacités de production de Rivian, un constructeur encore jeune, dont la santé financière n’a été consolidée que récemment grâce à l’accord logiciel signé avec Volkswagen.




