Ce mardi 2 juin, c’est dans le cadre du Parc des Buttes-Chaumont (Paris 19ᵉ) que Goupil a présenté son nouveau G4+ à la presse. Trois exemplaires de cette version augmentée du G4 étaient garés devant l’Ora Farmhouse, le lieu de réunion, et donnaient déjà le ton : un format compact, taillé pour se faufiler dans les espaces urbains parfois étroits, avec l’air d’avoir toujours été là.
Philippe Hugue, directeur général de Goupil, a mené la présentation. Ces véhicules font partie d’un lot de présérie destiné à affiner la conception avant l’entrée en production, et à roder les équipes en usine. Deux préproductions ont été menées, l’une l’an passé, l’autre récemment, pour livrer aux clients un produit le plus fiable et qualitatif possible.
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Trente ans de tout-électrique fabriqué en France
Goupil fête ses 30 ans en 2026. Installé dans le Lot-et-Garonne, à Bourran, près d’Agen, depuis 1996, le constructeur n’a jamais fait que de l’électrique, à une époque où progresser sur cette motorisation relevait du parcours du combattant. Le site emploie environ 200 collaborateurs, beaucoup avec plus de 15 ans d’ancienneté, et a produit plus de 30 000 véhicules désormais présents dans 2 200 villes françaises et à l’export.
Selon Philippe Hugue, l’entreprise a réalisé 74 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en repli par rapport au pic de 113 millions atteint après la pandémie. Cette baisse s’explique surtout par un client historique, Picnic, le spécialiste de la livraison de courses à domicile très implanté en Allemagne et aux Pays-Bas : après une commande de plus de 1 000 véhicules en pleine croissance, il n’en a pris que 50 en 2025. La direction souligne toutefois une meilleure rentabilité, portée notamment par une gestion plus serrée des coûts, dont ceux des batteries.
Le site de plus de 13 000 m² est entièrement équipé de panneaux solaires qui couvrent la moitié de ses besoins en électricité. Goupil a aussi investi récemment dans son outil industriel, dont un banc de test à 500 000 euros qui contrôle chaque véhicule directement en sortie de chaîne. La marque revendique une approche multisegment : espaces verts, logistique, livraison, propreté urbaine, navette, maintenance.
Un véhicule conçu pour le terrain des collectivités
Pour Philippe Hugue, Goupil a un double devoir de conviction : plaire aux décideurs comme aux opérateurs. Le véhicule doit s’adapter au métier, et non l’inverse. La force de la marque tient à la variété des équipements proposés pour coller au plus près des usages réels des services techniques, des régies et des prestataires.
Le G4, vendu à plus de 15 000 exemplaires selon le constructeur, reste la grande référence de la gamme. Sa version augmentée embarque davantage d’équipement, gagne en confort et en volume. Le G4+ est conforme à la nouvelle norme européenne GSR2 : protection renforcée contre les chocs frontaux et latéraux, et sécurisation des données embarquées côté cybersécurité, du fait de l’électronique à bord. Le train roulant et la direction ont été revus pour mieux encaisser les routes dégradées. ABS, ESP et frein de stationnement électrique (EPB) sont présents ; en position neutre, le frein de parking s’enclenche automatiquement.
Autre évolution attendue par les agents : la hauteur d’assise a été abaissée de 8 cm, à 83 cm, ce qui facilite nettement les montées et descentes répétées de la journée. Cette modification est née de constats d’usure des sièges sur les véhicules précédents, signe concret d’un besoin terrain.

Autonomie, charge utile, recharge : ce que vaut le G4+
Le G4+ affiche une charge utile de 1 235 kg et un rayon de braquage très court de 4,37 mètres, atout décisif en centre-ville et sur sites contraints. Sa vitesse maximale passe à 70 km/h, ce qui lui permet d’emprunter les voies périphériques des grandes agglomérations. L’autonomie atteint 187 km, bien au-delà des besoins quotidiens de la plupart des flottes : Picnic, le plus gros rouleur, parcourt une centaine de kilomètres par jour, quand la moyenne des clients se situe entre 50 et 60 km.
Le G4+ se décline en deux capacités de batterie, 20 et 30 kWh. La version 30 kWh repose sur une chimie LFP (lithium-fer-phosphate), réputée pour sa longévité, ce qui sert directement la promesse d’un véhicule fait pour durer. La recharge se fait en mode lent ou semi-rapide, ce qui limite l’usure des cellules, via un chargeur embarqué AC de 7 kW. Point important souligné par Philippe Hugue : les batteries ne sont pas intégrées au plancher, ce qui rend leur remplacement rapide et réduit au minimum l’immobilisation du véhicule.
Voici les principales caractéristiques à reporter dans un bloc Tableau (format Libellé • Valeur) :
Autonomie • 187 km (batterie 30 kWh LFP) Capacités de batterie • 20 et 30 kWh Charge utile • 1 235 kg Vitesse maximale • 70 km/h (homologué route) Rayon de braquage • 4,37 m Chargeur embarqué • AC 7 kW (charge lente ou semi-rapide) Chauffage • 3 kW Hauteur d’assise • 83 cm (abaissée de 8 cm) Norme de sécurité • GSR2 Prix indicatif • 50 000 à 52 000 € HT, CEE déduit
Des équipements de série et des carrossages multi-métiers
Le G4+ reçoit de série la direction assistée, le démarrage sans clé, une interface multimédia, une caméra de recul, des radars avant et arrière, un chauffage 3 kW, le frein de parking électrique, des commandes au volant, de nombreux rangements et un siège démontable.
Côté carrossage, il est proposé dès le lancement avec l’ensemble du catalogue Goupil : plateau basculant, benne de collecte, bras de levage, fourgon, caisse frigorifique, ou aménagements sur mesure. Une prise carrossier et des préinserts sont prévus sur le châssis. À titre d’exemple, Gruau réalise la caisse de Picnic, et Cazaux, à Agen, propose une caisse frigo équipée d’un groupe froid Thermo King capable de produire du froid négatif avec un encombrement minimal, le tout géré par une batterie unique, ce qui simplifie la gestion des tournées.

Une application connectée pour piloter toute la flotte
La technologie embarquée est de nouvelle génération, et Goupil veut se positionner comme une brique d’un environnement complet. « Un client reste avec vous si tout ce que l’on propose autour fait sens », résume Philippe Hugue. Le constructeur a développé en interne son application connectée, démontrée lors de la présentation : diagnostic à distance via les codes erreur, lecture de l’ensemble des données du véhicule, mises à jour logicielles évolutives, le tout pour réduire les immobilisations.
L’outil a été pensé pour le gestionnaire de flotte : remontée automatique des informations, suivi de maintenance consigné et transmissible en cas de revente, possibilité d’intégrer les Goupil déjà présents dans le parc. Le constructeur envisage d’y ajouter la commande directe de pièces d’entretien. L’application est offerte pendant les deux ans de garantie et incluse dans le contrat de maintenance ; au-delà, elle serait facturée entre 10 et 15 euros par mois selon le volume de données.
CEE, prix et location : ce que ça coûte vraiment
Le G4+ sera proposé autour de 50 000 à 52 000 euros HT, CEE déduit. Philippe Hugue reconnaît un tarif 10 à 15 % supérieur à celui du G4, mais relativise : un G4 full options s’en rapproche, alors que la version + offre davantage de capacité de chargement.
Le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) reste un argument fort pour les acheteurs publics. Selon Goupil, le montant atteint 2 500 euros pour un G4 (première tranche, sous 1 500 kg), et jusqu’à 5 700 euros pour un G4+ ou un G6 dans les configurations supérieures. Le dossier, lourd à monter, est entièrement géré par Goupil, qui avance même la trésorerie : un vrai gain de temps pour des services déjà chargés.
Le constructeur rappelle aussi son ancrage : marque française, fabrication à Bourran, et plus de 70 % de pièces d’origine France et Europe selon ses chiffres. L’investissement consacré à la conception du G4+ s’élève à 10 millions d’euros.
La location représente environ un tiers du parc en service (250 véhicules sur 900). Une annexe à l’usine reconditionne ces véhicules à leur retour, pour les revendre à prix réduit (autour de 15 000 euros) ou les louer en courte durée, notamment pour les campings et les sites touristiques du littoral. Une location en full service revient à environ 500 euros, maintenance comprise : le changement des pièces d’usure se fait sur le site du client, sans déplacement, et un bilan avant restitution évite les mauvaises surprises en fin de contrat.
Goupil en chiffres
En 2025, Goupil a vendu 2 200 véhicules, dont 150 G6 et 300 G2, avec 35 % de la production livrée en France. Pour 2026, le constructeur table sur 2 500 unités, sachant que Picnic a déjà commandé 500 exemplaires au premier trimestre : une prévision susceptible d’évoluer.
Parmi ses partenaires de longue date figurent Picnic, mais aussi Center Parcs, Disneyland Paris, de grandes métropoles et de nombreuses petites communes. Avec le G4+, Goupil entend convaincre comme il le fait depuis trente ans : en proposant un véritable outil de travail, pensé pour durer et pour s’inscrire dans le quotidien exigeant des collectivités.
FAQ
Quelle est l’autonomie du Goupil G4+ ?
L’autonomie annoncée est de 187 km avec la batterie de 30 kWh à chimie LFP. Une version 20 kWh est également proposée. C’est largement au-dessus des besoins quotidiens moyens des flottes, estimés entre 50 et 60 km par jour.
Quel est le prix du Goupil G4+ ?
Le G4+ est proposé autour de 50 000 à 52 000 euros HT, CEE déduit, soit 10 à 15 % de plus qu’un G4 selon le constructeur.
Le Goupil G4+ est-il éligible aux CEE ?
Oui. Selon Goupil, l’aide au titre des certificats d’économies d’énergie peut atteindre 5 700 euros pour un G4+ dans les configurations supérieures. Le dossier est géré par le constructeur, qui avance la trésorerie.
Quelle est la charge utile du Goupil G4+ ?
La charge utile annoncée est de 1 235 kg, pour un rayon de braquage de 4,37 mètres.
Le Goupil G4+ peut-il rouler sur route ?
Oui. Sa vitesse maximale de 70 km/h lui permet d’emprunter les voies périphériques des grandes villes, en plus des centres urbains et sites privés.
Où est fabriqué le Goupil G4+ ?
Le G4+ est conçu et assemblé en France, à Bourran (Lot-et-Garonne), avec plus de 70 % de pièces d’origine France et Europe selon le constructeur.




